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Népal - 10 jours a velo!


de Diane, 17-10-2006

Sur la route avec un velo, dans la jungle avec les sangsues et au lit avec Berangere l'indomptable !


SUR LA ROUTE AVEC UN VELO

 

Apres 3 semaines en compagnie d'occidentaux, 12 jours de jeep et 9 jours d'engraissement intensif a Kathmandu (eh oui, internet et bons restos ne font pas bon menage), me voici repartie pour 10 jours sur la route en solitaire, et a velo cette fois-ci! Le choix d'un bon velo (et d'une selle confortable) m'a pris quasiment une journee. Apres une dizaine d'essais dans 3 magasins, et la drague de la part du proprio du dernier (j'ai attendu que le prix baisse un max avant de lui dire que j'avais un copain), j'ai finalement rajoute 1000 roupies (18 CHF mais une grosse somme ici) pour un velo... tout neuf! J'ai egalement recu casque, sonnette, porte-bagage, chambre a air de rechange, materiel de reparation, outils, pompe, bref, le parfait equipement de la cycliste experimentee, ha ha le gag!).

Avantage du mountain bike neuf et rutilant : plus de chance d'eviter les problemes techniques et un grand confort de pedalage.

InconvenientS : le velo est super bleu petant, super brillant, super neuf et super beau, du coup il attire la super attention (a moins que ce soit mon casque de calimero jaune canari et mes lunette oakley qui me donnent l'air d'une extra-terrestre tombee au Nepal?.

Quoi qu'il en soit, je ne passe pas inapercue et j'ai peur de me faire piquer mon engin tellement moderne (24 vitesses, la plupart des Nepalais en dehors de Kathmandu n'ont jamais vu ca...). Mon bagage sera mon petit sac a dos plus un sac plastique local contenant le minimum pour l'hygiene et les medics, une lavette qui me servira de serviette de bain, mes draps de soie, 2 T-shirts, 1 T-shirt manches longues, 5 slips, 2 paires de chaussettes et bien sur, mes chaussures de marche. Je passerai 10 jours avec le meme pantalon (enfin, par definition c'est le meme, mais la couleur et la texture changeront assez rapidement, comme vous pouvez l'imaginer!).

J'ai concu mon itineraire un peu au bol : le Lonely Planet parle d'un joli petit village nomme Bandipur, a 140 km de Kath. avec une grosse route pour y aller, la possibilite de rejoindre ensuite en une centaine de km le parc national que je souhaite vister dans le sud du Nepal (Terai), puis retour a Kath. par une autre grosse route toute bien indiquee.

Avantage de la grosse route : on peut pas la rater, elle est appelee ici “highway” (autoroute), mais c’est comme une route nationale chez nous, a 2 voies, ce qui a permis a tous les camions depassant d’autres camions de me froler a contre-sens a 80 km\heure en m’envoyant des nuages de poussiere et de fumee dans la tronche, mais je pense devoir m’estimer heureuse d’etre encore en vie!

InconvenientS de la grosse route (considerant que le risque de mourir a chaque virage va au-dela de l’inconvenient) : ben j’ai litteralement bouffe du pot d’echappement et je peux vous reproduire fidelement tous les differents klaxons qui n’ont pas manqué de me casser les oreilles! Chaque vehicule me depassant ou me croisant m’a saluee de 3 a 5 coups de klaxon a chaque passage… J’ai aussi eu droit aux appels de phares, aux saluts ou hurlements joyeux des Nepalais sur les toits des bus, aux saluts de toutes les personnes croisees sur la route, et meme a des langues tirees (signification?). Bref, etre la seule cycliste sur la route, en solitaire, avec un casque canari super discret et de plus une femme, j’ai ete la star du jour, au point que cela a ete difficile de me planquer pour mes petits besoins.

Les camions TATA ont parfois le pare-brise tellement decore que je me demande comment le chauffeur fait pour y voir clair… en fait il n’y voit peut-etre pas grand chose, ce qui lui evite la crise cardiaque a chaque depassement avec autre camion arrivant a toute bombe en face! Aujourd’hui j’en ai vu un de si pres que j’ai du balancer mon velo dans le fosse (et moi presque avec) pour l’eviter. Heureusement, j’etais a pied (poussant mon velo dans une montee trop pentue).

 

La route n’a pas ete particulierement spectaculaire, a part un col auquel j’ai eu droit heureusement en descente (pres d’une heure!) et que je prendrais en bus a mon retour (je dois repasser par ce troncon). Mais le grand interet de ces 70 premiers km a ete d’avoir la possibilite de voir de plus pres la vie des Nepalais de la region, qui est en partie une enorme carriere de pierres : femmes cassant des pierres, femmes portant des pierres… accompagnees de leurs bambins.

 

Beaucoup de femmes et d’enfants (!) portent aussi du bois, des branches, de la sciure, des fruits et legumes, et vers 17h (le soleil se couche vers 18h), pesee : chacun apporte sa collecte sur une gigantesque balance.

 

La vie quotidienne aussi dans les maisons ouvertes sur la route, personnes qui discutent, qui boivent un the, enfants qui interrompent leurs jeux pour courir vers moi, ablutions aux fontaines publiques, cuisine en plein air…

 

Et la big aventure du jour : le coucher du soleil et la grosse fatigue approchant a toute vitesse, il me fallait trouver un lit! Aucune indication de guesthouse ou hotel dans le Lonely avant 120 km, a partir de 16h30 je me suis dit que je m’arreterai dans le premier village de plus de 4 maisons venu… Apres encore quelques belles montees, il apparait, anime et tout simple. Je m’arrete aupres d’un enfant qui m’emmene a une echoppe, une femme me dit oui puis non pour un lit, et un homme m’indique un “hotel” 500m plus loin. Il s’agit d’une assez vieille maison abordant un panneau indiquant “lodge”… Effectivement, il y a un poste militaire dans le village et qui dit militaires dit hotel de passe… En tous cas pas un hotel pour une femme occidentale arrivant seule avec un casque jaune vif et un velo a 24 vitesses flambant neuf. Attroupement dans la cour autour de moi, au moins 20 paires d’yeux de tout age sont fixes sur moi en silence, ca fait tout bizarre… La chambre consiste en 2 lits en bois recouverts d’une couverture miteuse et pleine de taches… Mais bon, un lit est un lit, c’est tjs mieux que rien!

La femme de la maison pousse son fils de 20 ans a echanger qqs mots avec moi… C’est le petit roi de la famille, sa mere et sa soeur le servent : une assiette, une cigarette, du feu… Je recois egalement une petite assiette de lentilles (en fait j’apprendrais plus tard que ce ne sont pas des lentilles mais un autre truc dont je ne me souviens plus) mélange a des piments, de l’ail et de l’oignon : ca arrache un peu et c’est delicieux!

Ici les cigarettes s’achetent a la piece, et malgre l’inconvenient de les retrouver toutes cabossees, je n’en prends que 5 afin de ne pas passer pour la toutou pleine de pognon, ce que je suis pourtant! Et lors de ma mini ballade dans le village, je suis rejointe par le garcon de 20 ans et l’un de ses amis. Ils parlent tres peu d’anglais mais suffisamment pour me demander si je suis mariee, ou est mon copain, et tenter de m’entrainer en dehors du village, ou il fait bien sombre, d’abord au haut du village : je rebrousse chemin rapidement sentant l’entourloupe, puis au bas du village, sous pretexte qu’ils connaissent un restaurant alors qu’il n’y a plus aucune lumiere! L’un d’eux voulait que je lui prenne la main… Bref, je me casse en me disant que c’est tout de meme pas facile de voyager en tant que femme seule. Je ne sais pas si c’est le fait que je sois occidentale, ou sans mec, ou certainement les 2, qui fait croire a bcp d’hommes que je suis une femme plus que “liberee” et “facile”! Auraient-ils une vision de la sexualite de la femme occidentale a travers des films pornos, ou par rumeurs? Est-ce le fait que je debarque toute seule? J’ai lu par la suite dans le Lonely que des films montrent des occidentales devetues au moeurs plus que legeres… Cette premiere anecdote m’a un peu enervee et un peu fait sourire, mais par la suite de mon voyage a velo, ce genre de combine se reproduira tant de fois que je rentrerai a Kathmandou totalement remontee contre les honmes nepalais, a suivre…

Lors de cette meme soiree, j’ai croise un cortege funebre (les morts sont brules chez les hindous) ainsi qu’un mariage : des gens dansaient en musique devant un minibus contenant, entre autres, les maries : je n’ai jamais vu un visage de femme (la mariee!) aussi ennuye et triste… Mariage arrange? Triste perspective de la vie conjugale? Je ne le saurai pas, mais des discussions ulterieures m’apprendront que les honmes nepalais sont parfois polygames, joueurs et buveurs, tout un programme!

 

Puis j’ai finalement trouve une assiette de nouilles que j’ai mangees avec appetit… sous le regard intrigue de qqs adultes et enfants (mais comment ca mange une occidentale?), qui me regardent toujours alors que j’ecris ces lignes (notre alphabet semble les interesser, ainsi que mon guide sur le Nepal avec les photos).

Conclusion de la journee : je ne me sens vraiment pas apte a reellement voyager (hors des sentiers et lieux touristiques) toute seule. Mon admiration pour des femmes telles qu’Alexandra David Neel ou Ella Maillart ayant parcouru l’Asie il y a 60 ans et plus, sans les moyens actuels, n’en est que plus debordante. Quelles vraies Aventurieres!!!

Mon 2e jour de velo s’annonce moyennement : j’ai mal dormi sur ma planche, reveillee par la chaleur (suis plus au sud et plus bas qu’a Kath.) et le carnaval de moustiques! J’ai a nouveau 70 km devant moi et les premiers coups de pedales sont… difficiles. Toujours guidee par mon Lonely, j’arrive a une terrasse (toute choue, comme dirait Vilma) pour un bon petit dej.

 

Anecdote : j’achete un paquet de biscuits occidentaux (Mac Vities ou un truc du style) qui me coute le prix de la nuit d’hotel + des nouilles de la veille (3 CHF environ)… et 500 gr. Ccar je les ai baffres en une fois pendant la soiree ;-(((

La route n’est que montees et descentes le long d’une riviere et il y a moins de camions que la veille, je traverse une multitude de villages, souvent lotis autour d’un pont surplombant un petit khola (riviere). Apres 5 h de velo (avec une pause pour un chicken dal bat = plateau metallique a compartiments avec riz, soupe de lentilles, legumes natures et epices, sauce piquante, pickles et poulet au curry), j’arrive a Dumre, village d’ou part la petite route de 9 km toute en montee pour Bandipur, exclu que je la monte a velo (bon choix car ca grimpe VRAIMENT).

 

C’est parti pour un minibus : mon velo est charge sur le toi entre les sacs et les gens (j’ai vraiment peur de le retrouver tout tordu, ce qui me couterait un max a l’agence de location…) et moi je m’encastre sur la banquette : sans compter les gens que je ne vois pas sur le toit, nous sommes 36 adultes et enfants (5 a l’avant, 4 SUR l’avant, 8 ou 10 accroches derriere ou sur les cotes, le reste a l’interieur).

Arrivee a Bandipur, je tombe nez a façade sur la guesthouse desiree, accueil super sympa et chambre adorable, village tout mignon sans touristes (ils doivent n’y passer que la journee), soupe de legumes epicee et chapatis vraiment succulents, je termine en bouquinant Ella Maillart et en grignotant TOUS mes biscuits (sucres et sales) et mes 4 pommes… C’est bien la peine de pedaler pour me goinfrer, sacree Diane !

Comme d’hab je paie mon gavage par une nuit de cauchemars, mais le lit de bois (une fois les 2 matelas et les 2 couvertures mis les uns sur les autres) est confortable, la temperature ideale, mes draps de soie voluptueux, les bruits et musique de la rue charmants, et je dors quasiment 12 heures! A mon reveil, le soleil filtre a travers la fenetre et les volets de bois, je les ouvre et vois les ados en uniforme allant a l’ecole, la petite boutique en face est ouverte, il fait beau, l’atmosphere est calme, paisible… que desirer de plus? Les chambres de l’autre cote donnent sur de magnifiques collines verdoyantes (que je n’ai pas vues la veille vu mon arrivee tardive), mon masala tea arrive, comme je l’aime, sans sucre, et ma journee s’annonce merveilleuse de paresse, de vagabondage dans les rues, de lecture et d’ecriture!

 

Sitot partie, je suis abordee par toutes les femmes et les enfants croises, et parfois les hommes. C’est la fete de mon Casio, tous acceptent que je les prenne en photo, et je suis bien en peine de leur donner les photos qu’ils me demandent!

 

 

Je les enverrai de Kath. Tous les enfants apprennent ici l’anglais, certains le parlent couramment, d’autres connaissent uniquement les formules de base. J’ai donc droit a longueur de journee a cette passionnante conversation :

- Hello, what is your name?

- My name is Diane.

- Where are you from?

- I am from Switzerland.

- Where are you going?

- I am visiting Bandipur.

Fois 30, je dois avouer que c’est ch…

Je rencontre finalement une femme qui me guidera dans mes visites, dont une ferme de vers a soie ou j’aurai droit a un interrogatoire complet sur la Suisse (cout de la vie, salaire, travail, etc.).Vhrikuti a 37 ans, n’est pas mariee et vit seule (ce ne doit pas etre facile au Nepal…) et parle tres mal anglais, ce qui est tres fatiguant au bout de 4 heures! Elle me dit gagner 100 roupies par mois (CHF 1,75) en donnant qqs cours a l’ecole gouvernementale (voir plus bas) et je ne sais pas comment la remercier pour le tour. Je commence par l’inviter a manger dans une echoppe de son choix, mais je n’ose pas lui donner de l’argent (elle me dit ne pas en vouloir) et si elle en voulait, combine lui donner? 1 salaire entier serait peut-etre disproportionne, et en meme temps 50 roupies representent 2 repas ou 5 paquets de biscuits locaux, donc pas grand chose. Comme les pommes sont cheres car elles ne poussent pas dans la region, je decide de lui acheter 5 belles pommes…

 

Elle me retrouvera le soir et voudra m’accompagner le lendemain, mais j’ai 80 km a faire pour atteindre le parc national (avec quelles pentes?) et decide de partir le lendemain (en plus elle est gentile mais son anglais est tres tres pauvre…). Je croise un groupe de touristes francais et un couple Anglophone auxquels je n’adresse meme pas la parole, je fais mon autiste…

 

Puis 3 enfants de 11, 10 et 7 ans, dont une gamine super vive parlant parfaitement l’anglais, m’accompagnent sur une montagne d’ou il y a une magnifique vue (malheureusement la chaine de l’himalaya est un peu cachee par la brume et les nuages). J’apprends alors qu’il y a 2 ecoles a Bandipur (et donc au Nepal), 2 systemes completement differents : L’ecole gouvernementale, ou vont tous les enfants que j’ai vus en uniforme est, comme son nom l’indique, financee par le gouvernement, et chaque eleve (s’il travaille bien) y recoit 300 roupies par mois (ce qui eventuellement compense la perte de force de travail dans la famille)! Il y a une autre immense ecole financee par des pays etrangers et par les frais d’ecolage que paie chaque eleve, soit environ 500 roupies par mois! Une ecole payante, une ecole “a salaire”, pas besoin de vous faire un dessin sur la qualite de l’enseignement. Une scolarisation a 2 vitesses pour les riches et pour les pauvres.

 

La gamine de 10 ans qui m’explique cela va dans l’ecole payante (ils sont actuellement en vacances, tandis que ceux de l’ecole gouvernementale non), elle fait partie d’une des 2 plus hautes castes hindoues du Nepal (et oui, il n’y en a pas qu’en Inde!), soit les Brahmins (elle et sa famille) et les Chhetris (la femme guide). Les dirigeants du pays sont de ces 2 castes. Certains Brahmins et Chhetris se considerent comme “superieurs” aux castes inferieures, d’autres ne font pas de differences. Ils sont en general vegetariens, ne consomment ni alcool ni tabac et ne portent pas de “piercing” a la narine. J’apprends egalement (ce que j’avais suppose en Mongolie, constatant de grandes ressemblances entre Mongols et Nepalais) que la majorite des ethnies nepalaises sont d’origine mongole.

 

4e jour, j’ai le choix entre 63 (m’arreter avant destination) et 83 km de velo… Pour le lever tot, c’est rape car j’ai fini mon livre, Croisieres et caravanes d’Ella Maillart, a 1h du mat, tellement il etait passionnant. Puis j’aime bien me doucher et dejeuner tranquille, profiter encore 1 heure de ce merveilleux village! Mon choix se porte sur des momos (raviolis vapeur) dans une echoppe locale, c’est une fillette qui prepare mon the (son premier me dit-elle) et fait cuire mes delicieux momos de buffalo.

 

Puis retour sur la route, d’abord l’hallucinante descente jusqu’a Dumre avec l’himalaya en décor de fond, puis a nouveau montees et descentes a bouffer du pot d’echappement. Apres environ 50 km, le paysage change completement : plus de collines, la route s’aplanit (enfin!), j’arrive dans le Terai, zone tropicale. Il fait chaud, tres chaud, et le mélange de transpiration, crème solaire, poussiere et pot d’echappement fait de moi la cycliste sans doute la plus degueulasse de tout le Nepal. Je suis crevee et pense finalemnt stopper apres 63 km, a Narayanghat, petite ville deconseillee par le Lonely car moche et sans interet. Mais moi je tombe sous le charme : sous le soleil de plomb, des velos, des rickshows, une population coloree, sympathique et souriante… Cela me redone un sursaut d’energie et comme apparemment la route est plate, je decide de poursuivre jusqu’a ma destination : Sauraha, au bord du parc national, de la jungle et des elephants. Le paysage est tellement joli, il me rappelle (un peu) ma campagne lemanique en fin de journee au mois d’aout, que je rate un carrefour et me tape 10 km de plus! Sur une journee a plus de 80 km, ca compte, et j’ai le c… en feu (pas de cycliste, je velote avec mon pantalon habituel qui est noir et raide de crasse). Donc marche arriere, et j’arrive a Sauraha dans un magnifique coucher de soleil.

 

Je trouve une jolie guesthouse pas chere et DOUCHE, c’est un vrai bonheur. Je n’ai pris qu’un pantalon, tant pis, je le lave et le remets mouille!

Entre les innombrables pannes d’electricite, je trouve un bon resto a la lampe frontale et me tape 2 gigantesques vegetable koftas (plat indien constitue de boulettes de legumes et patates dans une delicieuse sauce, plus riz) avec un fresh lemon soda (jus de citron + eau gazeuse) et meme des pop corn en apero! Le top! Par contre le bled semble assez deserte par les touristes et ca me fait un peu bizarre d’etre toute seule…

J’ai cesse de repondre a tous les hellos ou autres paroles incomprehensibles que me lancent les hommes, je commence a croire que ce n’est pas toujours avec bienveillance, vu le nombre de mecs qui me demandent sans cesse si je suis seule, mariee, etc. J’ai egalement constate que bcp d’enfants qui me disent Hello what is your name ne comprennent pas vraiment ce qu’ils disent car ils me le lancent meme quand je passe tres vite a velo, apparemment sans attendre la moindre reponse! Les Nepalais me posent tout le temps plein de questions, c’est sympa de vouloir rentrer en contact mais a la fin ca saoule! 20, 30 fois par jour je dois dire comment je m’appelle, d’ou je viens, ou je vais, etc… pffff, petite overdose.

Apres 4 jour dans le Royal Chitwan National Park (voir ci-dessous), retour sur mon velo. 60 km sur une jolie route pas trop difficile, mais au bout de 40 km je commence a avoir des crampes aux cuisses. Peniblement, j'arrive a Hetauda d'ou je prends un bus pour Daman, a 2300m d'altitude. Je trouve une chambre toute choue dans une grande maison deserte et sombre qui serait parfaite en maison hantee a Disneyland.

 

Puis dernier jour, un joli col (j'en peux plus de ces montees!) et plein plein plein de descente avec la chaine de l'himalaya et les verdoyantes cultures en terrasse comme decor.

 

Dernier 30 km vers Kathmandou en bus, cela monte, et pour finir en beaute et feter mon arrivee, une bonne assiette de momos dans mon bar a momo prefere! (Zavez remarque comme le rythme s'est accelere? Desolee mais ca fait 4 heures que je tape cet article et j'en ai ma claque, hi hi hi)!

 

 

DANS LA JUNGLE AVEC LES SANGSUES

 

Le but de mes 2 jours de marche dans la jungle nepalaise etait d'experimenter une aventure humide dans l'espoir d'apercevoir un rhinoceros ou un tigre! Le depart en canoe a 7 du mat est plutot confortable, au milieu des crocodiles et des oiseaux locaux.

 

Puis depart dans la jungle, il fait chaud, humide, et tres vite mon pantalon et mon T-shirt me collent a la peau. BIEN EVIDEMMENT il a plu a FLOTS la veille et les premiers animaux rencontres sont les sangsues, auxquelles je vais consacrer un paragraphe tellement je les deteste (sans photo, comme cela votre imagination fera le reste).

 

La sangsue nepalaise est la meme que celle que j'avais rencontree en Malaisie : une sorte de petit vers de 3-4 cm de long et qui se promene d'une extremite a l'autre (et non en rampant comme un vers). Ces sales bestioles se planquent sous les feuilles et les herbes, a l'affut de sang frais, et nous sentent arriver d'assez loin, car quand on les apercoit, elles sont deja toutes tendues vers nous, pretes a s'accrocher a chaussure, chaussette, vetement ou peau avec leurs extremites ventousees.Une fois arrivee sur nous, elles remontent chaussures ou vetements pour trouver de la PEAU. Cela fait, elles commencent a nous SUCER du SANG. Pendant cette phase, indolore, il est difficile de les decrocher sans laisser de marque, le mieux est de les bruler au briquet ou a la cigarette. Comme on ne les sent pas, elles peuvent s’infiltrer PARTOUT (me fais-je bien comprendre?) et dejeuner tranquillement. Une fois gorges de sang, elles se detachent toutes seules. Rien de bien mechant finalement (ni douleurs, ni demangeaisons, ni infections) mais ce sont les bestioles parmis les plus repugnantes que j’aie vues! Il suffit de voir leur ignoble petit corps de vers tendu, ou de les voir grimper sur moi, ou pire encore, e les trouver ventousees a ma peau toutes gonflees de mon sang.

Le 1er jour, 5 sont arrives a faire de moi leur repas, en crescendo de mon degout : la premiere sur ma jambe, sous mon pantaloon, OK, la 2e sous mon nombril (j’ai hurle), la 3e sur mon bras, la 4e a l’interieur de mon bras vers mon aisselle, la ou la peau est toute tender (beurk) et la 5e dans mon cou, heureusement que je ne pouvais pas la voir car j’aurais fait une crise d’hysterie! Heureusement, le 2e jour, elles ont ete au regime. Mais toute la nuit entre ces 2 jours, je me suis fait bouffer par les moustiques (malgre l’anti-moustique!) et ai reve que j’avais des sangsues partout (partout partout).

Autres bestioles rencontrees : de formidables araignees (vous savez combien je les adore) et autres jolis insects, meme de tout chous qui forment et poussent des boulettes de crottes d’elephant.

 

 

Pour ce qui est des rhinos et des tigres (pas tres rassurants, les conseils du guide de grimper dans un arbre si on en rencontre (et si ya un arbre!)), on a vu leurs empreintes, leurs crottes, leurs pisses, mais pas l’ombre d’un poil! Je me suis donc contentee d’un malheureux tigre en cage, triste sort pour un si noble animal (pour la petite histoire, il parait qu’un tigre qui a goute de la chair humaine la trouve tellement bonne qu’il n’en veut plus d’autre, il faut donc l’abattre ou l’enfermer, bonne excuse pour ma tigresse qui aurait teste de l’humain tue par sa maman tigre)!

Puis, a moins de 200 m de l’arrivee, de la fin de nos 2 jours de marche, enfin un rhino qu’on a apercu 5 secondes, mais on etait tous contents qd mm (genre, ouaiiiiiis, on en a vu unnnnn!)

Bref, en conclusion, se frayer un chemin dans des herbes hautes de 5 m qui nous griffent par 35 degres de chaleur et je ne sais combine d’humidite, se faire sucer par les sangsues, bouffer par les moustiques, voir qqs singes, insects et un bout de rhino, je ne suis pas partante pour une semaine de jungle! 2 jours furent parfaits, ce n’est decidement pas mon element!

 

AU LIT AVEC BERANGERE L’INDOMPTABLE

Et oui, je suppose que vous mourez d’impatience de savoir qui est Berangere… Berangere est l’heroine d’un magnifique et passionnant roman pseudo erotique des annees 70 trouve dans une librairie-biblio 2e main, on fait ce qu’on peut pour se divertir. Son histoire est tellement interessante et ecrite dans un style tellement recherché que je n’ai pas resister au plaisir de vous en parler…

 

L’histoire commence au debut du 13e siecle, alors que la jeune, belle et fiere Berangere a 22 ans. Ses parents occitans sont morts en combattant heroiquement contre le roi de France (qui est le mechant). Berangere est donc une princesse orpheline qui resiste courageusement a l’opresseur. Elle a ete initiee aux joies de l’amour physique par un homme connu des l’enfance, de 15 ans son aine. Tandis qu’elle l’attend dans l’impatience de son jeune corps, il meurt au debut du roman, occis par des mechants.

“Tout bascule dans ses pensees folles. Pierre de Salas est mort! Pierre a qui elle s’est donnee comme une amante eperdue, Pierre aupres de qui elle est devenue jeune fille puis femme!”

Berangere est tres triste mais reste tres stoique, elle vit dans un monde sans pitie et est une tres jeune femme deja tres tres forte. Et en plus elle entreprend une mission avec un jeune et bel ami de son mentor decede. Berangere tombe de cheval (par la faute du cheval bien sur) et le jeune et courageux seigneur tombe entre ses jambes. Des leur premiere etreinte, il lui donne sa vie en gage d’amour eternel :

“Lentement, Jehan Calvent se releve, abandonnant la douceur charnelle de Berangere. (…) Calvent prend son arme par la lame et la tend a Berangere en lui disant d’une voix passionnee : “Si tu le veux, tue moi!” (…) La chute de l’arme est etouffee par les herbes folles mais ressemble a un soupir humain et liberateur. Berangere avance, et Calvent la serre contre lui. Leurs corps nus s’ecrasent mutuellement dans une identite de soumission et d’espoirs. “Je t’aime!” balbutie Jehan eperdu. “Oui… Aime-moi!” semble solliciter Berangere.”

“ Maintenant, si la combattante demeure aussi decidee a l’action, elle accorde a l’amour la plus merveilleuse part de sa feminite revelee”.

Apres l’amour physique revele par l’homme plus age, protecteur et paternel, Berangere decouvre l’extase avec l’amant charnel et passionne : “Calvent est jeune, beau, tendre, ardent, docile… il est l’amant.”

Pendant leurs nombreuses et dangereuses aventures, Berangere rencontre un autre puissant et fier seigneur, qui a tragiquement perdu sa courageuse et tendre epouse alors qu’elle portait leur enfant. “Castelverdun se redresse. Depuis la mort de Bruna de Pieusse, sa femme, il s’etait enferme dans une solitude minerale.” Inconsolable, il attend la perle rare qu’il reconnait en Berangere l’intrepide, et il le lui fait savoir par de tres fins compliments auxquels elle ne reste pas insensible :

“Je n’ai pas d’habitudes princieres, monsieur.

- Hors la grace et l’esprit, dit Castelverdun en s’inclinant sur la main que lui tend Berangere.”

Son amant le ressent inconsciemment et meurt en heros, son dernier regard est pour son eternelle bien-aimee : “Accroche aux barreaux, Jehan tourne la tete et dans un gargouillis epouvantable, semble addresser a Berangere un ultime message d’amour.” Berangere est tres triste mais reste tres stoique, elle vit dans un monde sans pitie et est une tres jeune femme deja tres tres forte.

Berangere a connu l’extase charnelle mais ressent a present une attirance differente pour ce seigneur puissant mais blesse. Elle s’imagine avoir un enfant de lui. Nue, elle s’offre a lui, mais il prefere attendre de peur de la perdre dans leurs aventureux combats, il veut en faire la mere de ses enfants, et c’est chastement qu’ils se tiennent la main : “Castelverdun et Berangere se mettent a genoux, l’un a cote de l’autre. L’homelie de l’eveque leur passé un peu au-dessus de la tete. Mais lorsqu’ils entendent : “Seul l’amour est createur”, ils se prennent la main et attendent la fin de la ceremonie sans plus se lacher.”

Le jour ou leurs corps enflammes et leurs coeurs passionnes s’unissent enfin dans l’amour vrai et pur, ils se marient : “Ensemble, les deux amants roulent vers l’incendie de leur passion.” “Dans le rite cathare, au soir meme de leurs premieres etreintes, Berangere de Cugne et Guy de Castelverdun deviennent “mari et femme jusqu’a ce que la mort les separe.”

Et voila la soupe servie aux femmes dans les annees 70… assaisonnee de contes de fees et de princes charmants, on comprend pourquoi les psy se font du pognon!!! Dans ma lancee, je n’ai pas resiste a me livrer a une fine analyse litteraire…

Analyse du roman :

Personnages masculins : on peut relever 3 figures bien distinctes : L’homme age, initiateur, protecteur, paternel. Le jeune homme fougueux et sensuel. L’homme complet, jeune et protecteur, amant et pere, le vrai, quoi. P

ersonnages feminins : on peut relever 3 figures bien distinctes (2 dont je ne vous ai pas encore parle) Il y a tout d’abord l’extreme complexite de la personnalite de Berangere : jeune fille mais femme, la cuisse ferme, le teton fier, en pleine possession de sa feminite mais imbattable l’epee a la main, elle monte a cheval mieux que le pere Knie et ne sourcille pas devant cranes fendus et ventres transperces. Elle est belle, forte, courageuse, fidele a sa cause, engagee, effrontee, sensuelle, amoureuse, insatiable, bref, tres tres complexe.

Il y a 2 autres figures feminines dans le roman, moins developpees mais tout aussi complexes : La putain violee par les soldats, et la paysanne violee par les soldats. 2 figures qui reprennent la personnalite contrastee de Berangere qui, pratiquant l’amour pour le plaisir hors des liens sacres du marriage oscille entre l’innocente jeune fille profitant des plaisirs de la chair dans une vie si incertaine et la putain faisant commerce de son corps.

 

Bon, j'arrete ici mon delire litteraire. J'ai ete un peu longue sur ce coup mais j'espere que comme moi, vous vous etes bien amuses! ;-)))))))))) 


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24/05/2007 : Ahhhh, l'altitude, le soleil, le froid, le désert, le salar, les flamants, les lagunes, la Valle de la Luna...
03/06/2007 : 3 jours d'aventures...
23/05/2007 : Sous le charme de Santiago, des couleurs de Valparaiso et de la magie de Rapa Nui !
06/05/2007 : Toutes les photos sont en ligne!
03/05/2007 : Macedoine d’instantanes argentins a la sauce (subjective, bien sur) du chef !
16/04/2007 : Ca y est, mon article sur mes 3 semaines en Patagonie est enfin TERMINE !
21/03/2007 : Chili 1ere partie, j'y retourne (avec bonheur!) en mai! ARTICLE TERMINE (ca y est, la Diane a fini sa crise de flemme!)
04/03/2007 : J'ai touche le fond de la piscine, dans mon petit pull marine... Naaan, pas le fond, mais ca vole pas haut pour ce 8e anniversaire...
21/02/2007 : ...Dos qui ne m'a pas empechee de m'envoyer en l'air cet apres-midi!
10/02/2007 : Ca y est, d'un coup de ferry magique j'ai quitte l'ile du Sud... l'article est encore tout chaud, bonne lecture!
28/01/2007 : Tout se passe bien malgre...
10/01/2007 : Charite : donner, ou pas?



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