
Comme d'hab, pas facile d'ecrire mon article avec 1 semaine, 1 ocean et 6 heures de decallage. Pas envie d'ecrire lorsque Carol etait la, impossible d'ecrire pendant ma gastro (4 jours) et la je me retrouve dans un bus bloque au parc national d'Abel Tasman en Nouvelle Zelande (mais non, pas de panne en NZ, juste nous sommes trop nombreux, ici il n'y a pas de tabourets en plastique au milieu du couloir et 4 personnes doivent descendre, mais personne ne veut... ah la la, que de soucis!). Je suis entouree d'une bande de vikings, Anglais, Allemands, Hollandais et Suedois... Mais ou sont mes cheres tetes noires???
J'ai bien sur mes notes prises plus ou moins au quotidien, mais les tea-shops, le thanaka, les longyi et les plus beaux sourires du monde sont deja bien loin...
Mon arrivee en Birmanie, ou du moins la nuit qui l'a precedee, a ete plutot mouvementee : depart de Battambang, Cambodge, a midi, pour arriver a Bangkok a 22 heures : toutes les guesthouses etaient full! Apres 1h30 de recherches avec tous mes sacs, epuisee, je decide d'aller directement a l'aeroport, puisque je devais de toute facon y etre a 6 heures du mat. Je passe donc ma nuit sur les sieges de l'aeroport, attachee a mes bagages (je me suis enchainee a mes 3 sacs pour dormir tranquille!).
Pour sa part, Carol a eu droit a un accueil vraiment typique des son arrivee sur sol birman : panne d'electricite dans tout l'aeroport. J'etais venue la chercher et nous avons eu ainsi ensemble notre premiere immersion dans notre bain desormais quotidien, la coupure d'electricite, avec sa variante, la coupure d'eau chaude!
Le lendemain, premiers pas dans Yangon, ou je trouve avec etonnement et plaisir une grande communaute et influence indiennes : visages basanes, thalis, lassis et tchaes! La capitale est vraiment agreable, des tea-shops avec tables et sieges en plastique minuscules partout, des stands de rue colores, des femmes (la plupart ont les cheveux jusqu'a la taille, et certaines jusqu'aux genoux, vraiment impessionnant!) et des enfants aux visages couverts de thanaka (poudre jaune qui sert a adoucir la peau, a la proteger du soleil, et comme maquillage), des hommes en longyi (sorte de tube de tissu noue a la taille, vraiment tres joli) et tongs noires, des batiments a taille humaine, comme l'a remarque Carol, des avenues larges et propres, des bagnoles sur-pourries, des trishaws (voir photos), des bus surbondes et des lacs et espaces verts immenses et frais (euh.... pas sur la passerelle sur le lac a 1 heure l'apres-midi, plutot la fournaise!).
Trajet dans un taxi reconnaissable au fait qu'il ait 4 roues, un volant, et quelque chose s'apparentant a des sieges et a une carcasse de voiture en direction d'une pagode decrite comme etant une des plus belles au monde : la pagode Shwedagon, qui est effectivement eblouissante, dans tous les sens du terme : debauche d'ors, de clochetons elances surmontes de cerceaux fasconnes, clochettes tintantes et girouettes, le tout scintillant dans le soleil. Abordee par un astrologue-guide parlant francais, j'apprends que je suis nee un vendredi (jour du cochon d'inde, Carol est du mercredi apres-midi (eh oui, il y a aussi le matin, ce sont 2 jours differents, allez comprendre), soit de l'elephant sans defenses...), qu'il y a 8 jours dans le calendrier religieux birman (a cause de ce foutu mercredi) et que l'annee 2007 sera super exceptionnelle pour moi car j'ai 5 planetes dans mon ciel, youpie! Nous decouvrons aussi que les Birmans aiment beaucoup leurs pagodes et leurs autels des jours de la semaine, avec chacun son animal, copieusement arrose par les fideles. Ce jour-la, dimanche, ils sont nombreux a etre venus prier, pique-niquer et siester au temple! Il y a tres peu de touristes a cette heure de la journee (la plus chaude), et Carol est tres etonnee et genee d'etre le point de mire, le centre d'interet de tous les regards, cela me rappelle mes premiers pas en Inde... Je fais bien marrer toute la galerie en acceptant un "cheerot" (sorte de cigare) du guide et en l'allumant par son grand cote, comme un joint, et donc a l'envers pour les Birmans...
Nous continuons notre visite a pied sur une interminable passerelle longeant un petit lac, degustons un tchae sur des chaises et tables pour nains de jardin (notre premier tea shop, ou les minis tasses pour le the sont posees a l'envers sur un plateau rempli d'eau, et chacun se sert; pour le nettoyage de la tasse apres le precedent buveur, ben, euh, on fait comme on peut...) et testons un bus local, etonnamment peu bonde, voire meme vide, pour arriver au centre ville, pres du marche, lieu indique pour changer de l'argent, car en Birmanie, il n'y a pas de bureaux de change et pour ce qui est des banques, elles pratiquent le cours gouvernemental, soit 60 % du cours reel, et d'ailleurs, des banques, il ne me semble pas en avoir vues! Pas plus que des distributeurs automatiques de billets, ici la carte bancaire ou du moins de credit ne sert a rien. Pour changer ses dollars en kyats (a prononcer chess, comme les echecs), il faut donc se promener au centre-ville, attendre qu'un Birman nous dise "change money?", negocier aprement le taux et suivre le type dans des endroits invraisemblables et peu rassurants (lors de mon premier jour seule, c'etait au premier etage du marche couvert dans une boutique deserte, assise par terre avec 3 types plein de bifetons). Carol et moi nous retrouvons donc a suivre un mec dans une entree d'immeuble tout pourri, un couloir et des escaliers vraiment peu avenants, et la transaction se fait sur un pas de porte... Ouf, tout est compte et recompte, apparemment nous n'avons pas ete arnaquees, nous ressortons avec 63000 kyats pour 50 dollars (et nous avons bu et mange plusieurs fois pour 1400 kyats a deux, faites le compte!).
Grace a un luxembourgeois super bavard, nous decouvrons, dans la meme entree, un excellent cafe internet d'ou nous pouvons acceder a hotmail etc. malgre l'interdiction du gouvernement. Au moins pouvons-nous envoyer des mails pour avertir nos proches que nous n'avons pas acces au reseau telephonique mobile, a moins d'acheter une carte SIM locale, qui coute... 2500 dollars!!! La junte militaire a compris comment empecher les communications... Et pour le telephone fixe, il faut jongler entre les coupures de courant, super! Meme principe pour les routes, qui sont dans un etat pitoyable : ainsi le gouvernement est sur que la majorite des touristes prend l'avion et ne voit pas trop du pays... Pour les locaux, les deplacements sont egalement difficiles, et l'achat d'une voiture individuelle est reservee aux riches : une vieille voiture des annees 80 coute de 15 a 25000 dollars!!! Tout cela nous a ete raconte par plusieurs Birmans a des moments differents et on peut donc penser que c'est vrai, meme si ca parait incroyable!
Il fait deja nuit lorsque nous sortons du cafe internet, et nous tentons un resto local tres sympa et bon ou nous decouvrons que les mets birmans sont en general prepares a l'avance, exposes dans une sorte de buffet et qu'ils sont toujours accompagnes de riz, d'une soupe (bouillon) et de condiments consistant en des feuilles de the marinees a je ne sais quoi et des trucs sales genre cacahuetes. Difficile a decrire mais super bon! Nous demandons ensuite a notre chauffeur de taxi de nous arreter devant la pagode Shwedagon pour l'admirer de nuit, et elle est en fait toujours ouverte au public, donc nous sautons dans un ascenseur et entrons emerveillees dans l'enceinte toute illuminee, c'est juste magique. Un faux moine-vrai petit malin nous fait beaucoup rire ("never genug", Carol comprendra) et nous emmene voir deux phenomenes : un bouddha aux yeux bleus et des endroits precis d'ou l'on peu voir des reflets de couleurs tout au sommet de la pagode (a chaque pas la couleur change, probablement a cause des pierres precieuses reflechissant la lumiere des spots), c'est incroyable! Lorsque nous retournons a notre taxi 45 minutes plus tard (alors que nous lui avions demande de nous attendre juste 5 minutes), il a bien sur disparu, mais heureusement nous en trouvons rapidement un autre, et c'est toute heureuses que nous recapitulons toutes les aventures de ce premier jour. Demarrage sur les chapeaux de roues!
Le lendemain, apres un petit dej local (mohinga et..., soit des sortes de soupes de nouilles tres bonnes), nous partons pour le musee des pierres precieuses (le sol birman en est truffe), qui est ferme puisque nous sommes lundi et que nous n'avons pas verifie les jours d'ouverture, ha ha ha, et nous aterrissons pour pique-niquer mon gruyere et mes babybels importes par Carol sur la terrasse de ce qui semble etre ni plus ni moins un bar a putes...
Premier vol local pour le lac Inle, le boarding pass (y en avait-il un en fait?) est accompagne d'un badge autocollant au logo de la compagnie qui n'arrete pas de se decoller de nos vetements... Nous rencontrons deux Allemands, Alex et Florian, avec lesquels nous aurons un super diner et une magnifique journee de bateau le lendemain.
Accueil d'une incroyable gentillesse au "Joy Hotel", dont nous sommes les seules clientes : les jeunes receptionnistes ne parlent quasiment pas l'anglais et se donnent une peine inimaginable pour nous expliquer le trajet du bateau, le petit dej, etc. Franchement, Carol et moi n'avons jamais vu des gens aussi adorables et serviables. La nuit est plutot fraiche (14 degres dans la chambre), et Carol est frigorifiee, elle ne s'attendait pas a ces temperatures...
Le lendemain, balade magnifique sur le lac Inle, ou nous pouvons observer les pecheurs qui dirigent leur embarcation en maniant (ou plutot piediant) la pagaie avec leur pied (afin d'avoir les mains libres pour la peche), je crois que c'est plutot unique au monde! Petit arret, entre autres, au "monastere des chats sauteurs" (ca plaira a ma soeur, ses chattes ne savent que pisser partout et demonter son appartement, ha ha ha, je l'entends deja hurler de rire dans son bureau en lisant ca), ou un Birman fait sauter des chats dans un anneau pour la plus grande joie des appareils photos (sauf mon lumix qui est une merde, mon casio est, une fois de plus, en reparation, et pour 2 semaines car il n'etait pas pres lorsque je suis allee le chercher a Yangon, grrrrrrrrr). Le soir, genial fou rire dans la chambre avec Carol en regardant toutes les photos ratees de la journee... C'est la que je me dis que j'aurais du faire un betisier de mes pires cliches...
3e jour, nous avons droit a un unique trajet sur le toit d'un pick-up dans des paysages superbes, car les femmes ne sont pas autorisees a aller sur le toit, puisqu'elles ne doivent jamais etre au-dessus des hommes. Comment sommes-nous arrivees la-haut? A l'interieur du pick-up, nous n'avions aucune place pour nos jambes, et j'ai exige une reduction du prix. Du coup, ils nous ont mises en haut, gentils mais pas fous, les Birmans!
Nous arrivons radieuses a Kalaw, petit bled celebre pour ses treks. Carol deguste son premier thali indien tandis que je tente un lassi qui est... acceptable, sans plus, snif. Par contre, les avocats qui pullulent dans la region sont une pure merveille, les meilleurs de ma vie, et de loin. Meme pas besoin de les assaisonner, ils sont juste parfaits au naturel, miam miam!
Le lendemain, nous partons pour 2 jours de trek, qui se terminent le premier soir car Christie, une autralienne de 55 ans, se casse la jambe quasiment sous nos yeux epouvantes. En fait, elle a glisse, ce que nous n'avons pas vu, puis a tente de remarcher, et c'est la que le bas de sa jambe s'est PLIE A ANGLE DROIT, je n'oublierai jamais cette image, quelle horreur! Notre guide semble plutot emprunte, il pense que ce n'est pas trop grave, ne reagit pas des masses et nous prenons les choses en main, demandant un transport le plus rapide possible vers l'hopital le plus proche, qui est a Kalaw, mais que tout le monde nous deconseille finalement... Ce sera donc une heure de char a boeufs plus une heure a l'arriere d'un camion pour la pauvre Christie, qui heureusement ne souffre pas trop (vu les cahots de la piste, cela aurait ete juste l'enfer si elle avait eu vraiment tres mal), puis d'interminables heures d'attente toujours a l'arriere du camion (pour eviter les deplacements), pendant que sa fille faisait les demarches necessaires par telephone, puis encore une nuit dans la guesthouse a Kalaw, toujours sans medecin ni soins, avant de pouvoir prendre un avion le lendemain pour Yangon puis Bangkok, ou elle sera finalement operee de ses... 6 fractures! En effet, nous avons recu un mail de Louisa (sa fille) une semaine plus tard, expliquant que le tibia ET le perone etaient chacun brises a 3 endroits!
Nous decidons finalement de partir tout de suite de Kalaw, meme s'il n'y a pas de bus direct pour Mandalay le lendemain. Nous prendrons un pick-up puis un bus depuis Mektilla. Ce que nous ignorons, c'est que le trajet en pick-up (qui est vraiment "pur locaux", Carol, qui est plus blanche que moi, se fera toucher la peau par des femmes intriguees par sa peau claire) durera 5 heures dans des conditions tres penibles : pas de place pour s'assoir correctement, "piste" bourree de nids de poule et surtout une poussiere incroyable qui nous laissera toute grises des pieds a la tete, sacs compris! Carol ne s'en remet pas et tombe malade le soir meme, nausees et vomi pendant la nuit...
Notre premier jour a Mandalay est donc "tranquille" : internet, change d'argent, billets pour le bateau, billets pour un autre avion, reservation du spectacle de marionnettes (specialite locale) et balade au marche (sans Carol qui se repose) ou j'hallucine une fois de plus de la gentillesse et des sourires extraordinaires des Birmans.
2 jours pour visiter les environs de Mandalay, soit 3 anciennes cites : Sagaing, Inwa et Amarapura, dont un jour a velo plutot aventureux : depart dans la circulation, carrefours sans feux, retour de nuit sans lumieres dans les rues encombrees ni sur les velos, bien sur... Tandis que je me faufile confiante, habituee, entre les nids de poule, les pietons, les velos, les trishaws et les bus, Carol peine un peu a trouver son chemin. Ici la circulation est, heureusement pour Carol, dans le meme sens qu'en Suisse, mais... petite particularite birmane et unique... les volants sont a droite egalement!!! Ils roulent donc a droite avec le volant a droite. Un peu contraire au bon sens, mais bon...
Nos visites sont sympas, entre le taxi bleu (typique de Mandalay), la voiture a cheval, le bateau, le velo, mais nous commencons un peu a saturer des pagodes, des pagodes et encore des pagodes. A Amarapura, apres ma premiere crevaison DEVANT un Birman qui nous amene directement chez un reparateur de velos a 200 metres, genre le monstre bol, nous passons donc des heures sur un pont en bois qui traverse un immense fleuve au milieu d'une nature photogenique : le pont d'U-Bein, ou nous passons tout notre temps... a prendre des photos. C'est carrement l'overdose, personnellement je ne m'arrete plus et photographie tout et n'importe quoi... Bon, au final il y a qqs jolis cliches, et le coucher de soleil sur le pont est absolument sublime. Entre nos deux passages sur le pont (un pour l'aller, une heure, l'autre pour le retour, une autre heure), nous avons dejeune dans un immense cafe local ou nous etions vraiment l'attraction du lieu, tous les serveurs venaient quasiment s'assoir a cote de nous pour nous regarder manger notre sorte de soupe de nouilles gluantes (indescriptible et difficile a manger sans cochonner, mais un regal)...
C'est donc en bateau que nous faisons le trajet Mandalay-Bagan, avec un depart feerique dans la brume au lever du soleil. Le bateau est une embarcation "speciale touristes", avec the a 2 dollars... Le prix est tellement disproportionne par rapport aux tarifs locaux (2 dollars = 2500 kyats, soit 2 repas pour 2 dans un petit resto local) que nous renoncons a un the ou un cafe, dont j'ai pourtant vraiment envie (depart de l'hotel a 6 heures du mat sans dejeuner). Cet etat d'esprit peu sembler bizarre, mais quand on vit dans des pays ou les prix sont 10 fois inferieurs aux notres, on finit par s'adapter aux prix du pays et on ne fait plus la comparaison avec Geneve... Je me suis d'ailleurs tres vite habituee aux prix hallucinants de la Nouvelle-Zelande, ou certaines choses sont meme plus cheres qu'a Geneve, et c'est sans remords qu'hier j'ai paye un cafe a emporter 3.50 CHF!!!).
Arrivee tranquille a Bagan, le site le plus spectaculaire de toute la Birmanie : environ 2000 pagodes vieilles de 8 a 10 siecles sur des kilometres a la ronde... Nous avons une jolie chambre avec plancher de tek, et, comme a Mandalay... la tele avec... TV5!!! A Mandalay, j'ai fait vraiment fort. J'etais tellement contente de revoir la tele (la derniere fois etait en Inde, en novembre) que j'ai regarde vraiment n'importe quoi, jusqu'a l'emission de varietes a la con de Michel Drucker du samedi soir, vraiment naze, mais j'aurais meme regarde chasse et peche sans meme etre bourree ;-))))
Nous logeons a Nyang Oo et le village est vraiment adorable, parcouru par des carioles a cheval et des velos, tout mignon... Nous faisons des folies dans un restaurant plus classe que d'habitude ou notre addition atteind la somme astronomique de 11000 kyats (un peu moins de 10 dollars, pour 2 shakes a l'ananas divins, 1 biere, des crevettes a l'ananas avec du riz pour Carol, une soupe et une salade pour moi, et une crepe au chocolat et au miel, chretiennement partagee), et le 2e soir nous cassons meme notre tirelire pour des... raviolis a l'italienne, qui s'averent plus que mangeables et qui sont un peu le "plat du riche" puisque une assiette coute 3500 ou 4000 kyats tandis que des nouilles locales en coutent 500 ou 800... Ca me fait trop bizarre d'avoir l'impression de depenser une fortune pour des raviolis!
Bon, et puis les pagodes de Bagan ? Ben pour tout avouer, le premier jour, que nous faisons en cariole a cheval, je me dis : pfff, encore des pagodes, et c'est un peu le cas, meme si elles sont tres belles. Heureusement, nous avons droit a une petite variante : de superbes peintures murales parfois tres bien conservees, nous nous rincons vraiment les yeux devant tant de merveilles. Notre premier coucher de soleil a Bagan est beau, mais je ne ressens toujours pas d'emotion bouleversante. C'est lors de notre 2e jour, que nous faisons a velo, et surtout devant un coucher de soleil qui transforme toute la region en un pur enchantement, que j'ai le coeur qui eclate : des dizaines de pagodes s'elevent en contre-jour devant les rayons embrases, au milieu d'arbres, de collines et d'une legere brume qui vient nimber le tout d'une douceur ouatee. Le spectacle est a couper le souffle, et je comprends enfin pourquoi tout le monde me parlait tant de Bagan.
Le lendemain, nous faisons un tour au marche, ou Carol exerce ses talents, bien caches jusque la, de commercante-marchandeuse hors pair : des colliers, des echarpes, le tout est negocie fermement, et elle y prend meme du plaisir, la coquine!!! Dernier tour a velo au milieu des pagodes sur des pistes de sable plutot mouvementee, et je creve a nouveau! Il y a un jeune Birman juste a cote de la pagode ou j'ai creve, et a tout hasard je lui demande ou je peux faire reparer mon pneu. Et comme PAR HASARD, juste DERRIERE la pagode, il y a juste... sa propre petite echoppe a velo!!! Je commence vraiment a me demander ce que fait Stephane a Geneve pour que j'aie un bol pareil... Le jeune garcon est adorable, il se donne vraiment de la peine pour reparer la croute sur laquelle je roulais, et il nous propose de donner autant qu'on veut pour la reparation, ce qui est vraiment trop chou. Connaissant les prix, vu la premiere reparation, nous lui donnons un dollars, sachant pertinamment que c'est au moins 3 ou 4 fois le prix normal, mais bon...
Dernier coucher de soleil a Bagan qui me laisse toute triste, car c'est le dernier jour avant le retour a Yangon, et donc mon plus ou moins dernier jour avec Carol, mais surtout mon dernier jour de visite en Birmanie, et aussi en Asie... 7 mois sur ce merveilleux continent, j'ai le coeur tout serre a l'idee de le quitter, meme si je me rejouis enormement de la Nouvelle Zelande... J'ai profondement aime quasiment tous les 10 pays que j'ai traverse, avec un petit bemol a cause du harcelement sexuel au Nepal et un gros bemol pour la Thailande qui ne m'a vraiment pas "parle", j'ai adore egalement ces peuples, ces cultures, cet art de vivre asiatique tellement plus leger et souriant que le notre, alors que les conditions de vie sont bien plus dures... Bon, a ce moment-la, je ne sais pas encore que la Birmanie va me faire un joli cadeau pour mon depart, ma premiere gastro en 7 mois de voyage, ca se fete tout de meme!
Pour notre dernier jour, nous nous faisons tout de meme plaisir, car nous arrivons a l'aeroport en... cariole a cheval, s'il vous plait! Et a Yangon, le musee des pierres precieuses est cette fois-ci ouvert! Mais, car il y a un mais, un VIP chinois est en train de le visiter, donc nous ne pouvons pas y aller. Nous passons donc une demi-heure a regarder et essayer un tas de bagues avec des rubis ou des saphirs et nous sommes a un doigt d'acheter des bijoux, avant de nous rendre compte qu'en fait on est en train de les acheter juste parce qu'ils sont communs et bon marche en Birmanie, alors qu'ils ne nous plaisent pas tant que cela... Nous renoncons donc apres avoir durement marchande, et les pauvres vendeuses n'y comprennent que pouik, elles descendent encore plus les prix mais nous nous en allons. Le VIP arrive et nous pouvons enfin voir le musee, avec plein plein plein de jade, de rubis, de saphirs, de perles, de diamants, d'or, d'argent, et j'en passe, ca vaut vraiment le coup d'oeil. Il nous reste encore un peu de temps pour aller chercher mon appareil photo (qui etait en reparation) et faire graver les CD de mes photos de Thailande, Laos, Cambodge et Birmanie, plus un CD de la Birmanie pour Carol, plus un CD des photos de Carol pour moi, bref, c'est le bronx total, on se relaie avec Carol pour ne pas perdre le fil, et j'ai la tete qui commence serieusement a chauffer. Une petite clope et ca tourne carrement. Nous rentrons a l'hotel et pendant que Carol fait son sac, j'ai la tete qui tourne et des nausees... Je me dis que c'est comme lors du depart de Stephane, j'angoisse de me retrouver seule et de changer de pays, et cette fois-ci carrement de continent. Grosse grosse emotion au depart de Carol qui prend son taxi pour l'aeroport, je vais direct me coucher et finis par prendre ma temperature : 38.8. Ben dis donc, ca chauffe pas mal, les emotions!
Et c'est finalement malade que je quitte la Birmanie et l'Asie... Au moins, la fievre et les nausees m'obnubilent et camoufflent ma tristesse de quitter ce si cher continent asiatique! Pour les details des 25 heures de voyage malade, voir l'article sur la Nouvelle-Zelande! |