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Chili - Toutes les merveilles du monde !


de Diane, 23-05-2007

Sous le charme de Santiago, des couleurs de Valparaiso et de la magie de Rapa Nui !


Ahhhhhhhhh, rien de tel que 2h30 d’attente dans un terminal de bus bolivien où il fait exactement 12 degrés (quoique c’est deja un degré de plus que dans ma chambre d’hôtel) pour commencer un de mes derniers articles sur mon voyage (oui oui oui, le dernier sera un gros bilan plein de questions et de réponses!). Mon dernier article remonte a début mai, en Argentine, apres le départ de Stéphane, car ensuite tout s’est enchaîné a une vitesse éclair, avec plein de belles rencontres, une frénésie de l’index sur la camera (endroits et gens tellement magnifiques)… et plus le temps d’écrire.

 

Je suis donc passée directement de Mendoza, Argentine, a Valparaíso, ville chilienne au bord du Pacifique dont le charme m’a immediatement fait succomber : 30 ou 40 collines couvertes de maisons de toutes les couleurs degringolant vers l’ocean,

avec des ascenseurs (du 19e siecle) et des interminables escaliers partout, des ruelles colorees qui partent dans tous les sens, des fresques ou des tags/graffs artistiques et/ou humoristiques,

des cafes et restaurants adorables,

des terrasses avec vues sublimes,

un soleil eclatant (quel bonheur apres la grisaille de Mendoza), un port gigantesque, et pour couronner le tout, je loge dans une vieille maison pleine de charme et de courants d’air, avec des parquets et un lourd escalier de bois qui grincent et craquent a chaque pas.

Du coup, tout le monde a pu en profiter lorsque j’ai du me lever 3 fois pendant la nuit pour aller vomir mes moules (eh oui, jamais 2 sans 3, sur 4 plats de moules au Chili, j’en ai vomi 3, la classe!!!).

 

Donc 2 superbes journees en solo a explorer toute la ville de long en large et de haut en bas, et aussi de chouettes rencontres : 2 australiennes (mere et fille) et un couple d’anglais en tour du monde, avec lequel j’ai passe une super soiree au resto (quoique a Valparaíso, le premier soir, j’ai pris mon courage a 3 mains et je suis allee me boire un pisco sour dans un bar toute seule; mais mon heroisme s’est arrete la, je ne suis pas allee au resto, le soir, toute seule, je n’y arrive toujours pas). Bref, un sejour vraiment trop court, mais mon vol pour l’Ile de Paques, Rapa Nui, m’attend!

 

Je retourne donc a Santiago, dans un hotel que je ne connais pas encore mais que Stephane et le Lonely m’ont recommande, une pure merveille : dans le plus charmant quartier de Santiago, le barrio Paris-Londres, un immeuble ancien, belles portes et fenetres, parquet de bois qui craque, meubles anciens egalement en bois, une atmosphere un peu sombre, une vague odeur de poussiere, un receptionniste derriere son antique bureau toujours dans l’ombre, eclaire 24 heures sur 24 d’une lampe chaleureuse, une petite chambre jaune de 5 metres carres au dernier etage, avec une mini table, une chaise, une table de nuit, une ancienne armoire de bois clair avec miroir ovale, une carafe d’eau accompagnee d’un verre, et de bonnes grosses couvertures car on est en automne (les arbres sont tout rouges) et il fait froid…

Ce qui ne m’empeche pas, des mon arrivee, de me precipiter chez mon glaciar prefere, “Bravíssimo”, sur le paseo Huerfanos, d’engloutir la plus petite glace en vente, qui est monstrueuse, et d’aller me rechauffer dans “mon” cinema, le “Gran Palace”, pour aller voir “El hombre arana 3”, en espagnol et sans sous-titres s’il vous plait, et j’ai quasiment tout compris (bon, ce n’est pas de la grande litterature non plus, hein!).

 

Le lendemain, un taxi vient me chercher a 6h00 pour l’aeroport et… l’Ile de Paques! Je n’arrive pas encore a croire que je vais vraiment aller sur cette ile mythique et je suis tellement excitee que je ne dors quasiment pas… C’est donc les yeux encore tout colles que je m’accroche au bar de l’aeroport pour commander un bon cortado…

Mais rien a faire, le serveur est suroccupe a tout faire et ne vient pas vers moi, ni vers le grand chatain assis pres de moi qui a aussi l’air d’un touriste. Nous echangeons un regard un peu perplexe quant a l’espoir d’un café, et je pars pour les controles, pensant bien pouvoir boire quelque chose dans la salle d’attente. Le grand chatain me rejoint quelques minutes plus tard et je l’invite a s’assoir a ma table. Peter est Autrichien, a 35 ans comme moi, et va exactement 4 jours a Rapa Nui, comme moi, avec les memes vols. Comme nous avons un bon contact, je decide de le suivre dans la pension qu’il a reservee, et nous “aterrissons”, après 5 heures de vol (Rapa Nui, a 3700 km du Chili et a 4100 km de Tahiti, est un des endroits habites les plus isoles du monde).

Des la descente de l’avion, Peter et moi sommes surpris par l’humidite ainsi que la vegetation verte et foisonnante qui donnent immediatement un sentiment « tropical » qui change radicalement de l’automne de Santiago. Et puis Rapa Nui, ile « chilienne », ainsi que ses habitants, ont vraiment les caracteristiques polynesiennes : physique des habitants, couronnes de feuilles, colliers de coquillages et de fleurs… Dans le minuscule aeroport, il y a bien le comptoir de l’hospedaje « Miru » ou Peter a reserve une chambre, mais il n’y a personne… Informations prises, nous partons a pied pour cette maison charmante mais difficile a trouver (il n’y a aucun panneau, aucune indication, et les gens qui nous renseignent nous baladent un peu…). Puis nous arrivons enfin chez Janeth, une grosse femme incroyablement joviale, moitie chilienne et moitie rapa nui (si mes souvenirs sont bons), qui se confond en excuses d’avoir oublie Peter a l’aeroport… Elle a une petite chambre pour moi toute simple, je partage la salle de bain avec Peter et pour 15 dollars, qui est le prix minimum pour dormir sur l’ile ailleurs qu’au camping, c’est vraiment tres correct. De plus la maison est adorable, toute orange, avec des mobiles de coquillages, des fleurs magnifiques partout, une cuisine toute bleue dont nous pouvons disposer (je salive deja a l’idee des cereales que je vais a nouveau pouvoir ingurgiter tous les matins…), et un coq qui a la bonne idee de gueuler sous ma fenetre toutes les nuits, vivement qu’on le bouffe celui-la…

Janeth fait tres bien son boulot d’hotesse et nous explique a l’aide d’une carte tous les sites interessants de l’ile, au rythme rapa nui : no stress, on ne se presse pas et on rit beaucoup. Mais Peter et moi sommes morts d’impatience de voir notre premier Moai (Il y en a dans le village de Hanga Roa, le seul de l’ile, qui abrite ses 4000 habitants) et nous nous sauvons. Et c’est la que Peter me sort : « Diane, je dois t’avouer un truc, je suis un maniaque de la photo. » Et moi j’eclate de rire, pour une fois que je peux me lacher avec mon vice de prendre 135 photos a la minute sans trop culpabiliser… Bon, finalement, meme Peter sera halluciné du nombre de photos que je prends (et oui, comme je ne suis pas tres douée, j’en prends chaque fois entre 3 et 10 de la meme vue, avec des expositions, des lumières et des cadrages différents, je vous dis même pas le boulot de tri après, quand en fin de journée je me retrouve avec 300 photos. Sur l’ensemble du voyage, je sais maintenant que je suis à un peu plus de 11000 photos en 11 mois, ce qui fait 1000 par mois et 30 par jour si vous comptez aussi bien que moi…). Petite parenthèse : p… d’orthographe, maintenant que j’écris de mon propre PC a Genève, il faut que je me réhabitue à mettre des accents et j’ai vraiment complètement perdu cette habitude… Pour une prof de français, c’est pas la joie… De même que chaque fois que je relis un article, je trouve un nombre incroyable de fautes d’orthographes que je ne faisais pas du tout avant, la honte…

 

BON, donc nous arrivons devant notre premier Moai, situe devant le minuscule port d’Hanga Roa, il est moins grand que je ne l’imaginais mais vraiment magnifique tout de même.

Moi qui m’intéresse aux Moais depuis mon adolescence et qui les sculptais au cours de poterie au lieu de faire des vases comme le voulait la prof, je suis surprise par leur nez en trompette, leurs oreilles allongées et leurs mains qu’on voit très distinctement sur les Moais bien conservés. Je souhaite le toucher mais je ne sais pas si c’est autorisé. J’apprendrais plus tard que nous ne sommes pas sensés les toucher, d’une part parce qu’ils sont sacrés et d’autre part pour les préserver. De plus, lorsqu’ils sont sur des Ahus (plateformes de pierres), nous ne pouvons pas nous en approcher car les Ahus sont totalement sacrés. J’apprends aussi rapidement que tous les Moais debout ont ete restaures (sauf 1 peut-etre) car ils avaient tous ete renversés lors de querelles internes ou de tsunamis… Entre ceux qui sont debout et restaurés, ceux qui sont renversés, ceux qui sont détruits et réutilisés dans la construction des Ahus, ceux qui dorment encore a la carrière, il y en a environ 900 sur toute l’île, qui fait 120 metres carrés (un confetti minuscule et si precieux).

A 2 km d’Hanga Roa se trouve le site de Tahai, ou nous découvrons émerveillés un ahu avec 5 Moais restaurés. Certains ont le dos entièrement sculpté, d’autres ont un « Pukau » de pierre rouge sur la tête qui, suivant les théories, représente un chapeau ou un chignon. Mais les Moais ne sont pas les seules merveilles de l’île : le Pacifique plus ou moins déchaîné vient caresser ou frapper les côtes de vagues sublimes d’eau turquoise, les rochers noirs du bord de l’océan contrastent avec le jaune ou le vert pâle des prairies bordées de fleurs, des chevaux sauvages broutent librement sur toute l’île et les volcans dessinent un relief ponctué de cratères remplis d’eau et magnifiquement colorés. Seule la météo un peu capricieuse (nous sommes en mai, pleine saison des pluies) qui nous rince régulièrement est un peu pénible, car elle nous empêche de parcourir l’île a vélo.

 

Peter et moi louons donc une voiture et partons à la découverte des beautés naturelles et culturelles de l’île : l’Ahu Tongariki, le site sans doute le plus magique de l’île (avec la carrière), ou sur un gigantesque ahu sont alignés 15 Moais, certains avoisinant les 10 mètres de hauteur et les 90 tonnes (!!!).

 

Mais tous ces chiffres ne peuvent traduire l’impression unique de découvrir ces Moais d’abord de loin, avec l’océan juste derrière, puis de s’approcher et de ressentir cette sensation d’admiration et de respect devant de telles prouesses artistiques et techniques.

 Les deux autres sites qui m’ont réellement émue sont l’Ahu Anakena et la carrière Rano Raraku. Cette dernière est une sorte de matrice géante nichée sur les flancs d’un volcan, où étaient taillés tous les Moais de l’ìle. Le « culte » ou la « tradition » des Moais ayant été abandonné brusquement, des centaines de Moais inachevés dorment dans leur lieu d’origine, éternellement dans l’attente d’être terminés, transportés, érigés sur des ahus et surtout de recevoir l’ultime élément qui leur donne « vie » : les yeux, qui étaient placés en tout dernier lieu. Certains sont encore pris dans la roche, dont un Moai géant de 21 mètres de long, d’autres sont debout, à demi-enterrés par la terre et le temps, contemplant l’île de leurs visages tellement expressifs pour certains que j’ai eu a plusieurs reprises l’impression qu’ils étaient vivants et allaient se mettre à parler (bon, il faut aussi avouer que j’avais vu peu avant, dans un bus, le film « une nuit au musée » où un Moai parle…, ça casse un peu le pseudo-lyrisme de mon texte, non ?).

L’Ahu Anakena est spectaculaire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il est situé sur la seule plage de l’île (il y en a une autre mais toute petite) dans un décor bountyesque (cocotiers et sable blanc, eau turquoise). Ensuite, les Moais, renversés comme tous les autres, sont tombés dans le sable, qui les a recouverts, et sont donc beaucoup mieux conservés que d’autres, rongés par l’érosion et l’eau de mer. Enfin, 4 Moais sont coiffés de Pukau, tous différents (les Pukau peuvent atteindre le poids de 11 tonnes, et on étudie encore comment ils ont pu être érigés sur les Moais (probablement avec des rampes de pierres)).

Et il y a également les volcans et leurs cratères, le plus beau étant le cratère de Rano Kau, près du site d’Orongo. Il s’agit d’un immense cratère en bord de mer dont une partie a été erodée par les flots. Le cratère et rempli d’eau et d’herbes qui reflètent le ciel dans un camaïeu de bleus et de verts magnifiques, dont les tons changent en fonction des nuages…

Et comme lors de notre grimpette sur le plus « haut » vocan de l’ìle a 507 mètres d’altitude, le vent souffle avec une force incroyable et… décoiffante !

Le site d’Orongo est un lieu cérémonial avec des maisons de pierres et des pétroglyphes servant pour un « culte » postérieur a celui des Moais : le culte de l’homme-oiseau « Tangata Manu ».

Et c’est à ce point de mon article que je me décide enfin à aller chercher mon livre sur l’île de Pâques et quelques bonbons pour me donner du courage et une bonne raison de commencer un enième régime demain lundi (pffff, je suis redevenue consciente des jours de la semaine…). Rien n’est sûr dans les données historiques et techniques de Rapa Nui, puisque la culture et les traditions orales se sont un peu perdues durant l’histoire mouvementée de ce peuple. Les scientifiques pensent qu’il y a eu une ou plusieurs migrations de Polynésie entre le Ve et le Ixe siècle après J.-C. La phase « Ahu Moai », où la culture mégalithique atteint son apogée, se situe entre les années 800 et 1680, et le conflit social entre les tribus a duré environ 200 ans, période où les Moais ont été renversés. C’est alors que le culte de l’homme-oiseau prend place, de 1680 à l’arrivée des missionnaires catholiques en 1864. Je ne vais pas entrer dans tous les détails religieux car il y a des livres bien mieux écrits que mon article qui expliquent tout cela. Ce qu’on peut retenir, c’est que le dieu créateur est Make-Make, que les 2 ordres ou « forces » qui régissaient la société rapa nui étaient (et sont toujours) Mana, la force, le pouvoir surnaturel, et Tapu, le tabou, l’interdit. Les Ahus, avec ou sans Moais, sont des sites cérémonials et sacrés. Les Moais tournaient toujours dos a la mer (sauf dans un cas) et faisaient face à une place et à des maisons de pierres. Les Moais représentent les ancêtres importants de chaque lignée. Au cours des ans, leur forme est devenue plus stylisée et leur taille de plus en plus grande (phrase du bouquin). Pis maintenant que j’ai les chiffres sous les yeux, il y a 887 Moais comptabilisés actuellement, dont 288 ont été érigés sur des ahus, 397 sont encore dans la carrière et 92 sont en cours de transport vers un ahu. Le plus grand est celui dont je vous ai parlé et qui est encore dans la carrière, 21.60 mètres et un poids estimé de 160 à 180 tonnes ( !!!). Le plus grand érigé mesure 9.80 mètres et pèse 75 tonnes, le plus petit fait 1.13 mètres. Pour ce qui est des techniques de transport et d’érection, je vous laisse encore rêver sur les mystères de ces prouesses…

 

Revenons au culte de l’homme-oiseau : il s’agit d’un rite annuel où était élu le « chef spirituel » de l’île pour une année : des hommes représentant chaque groupe devaient aller à la nage sur l’îlot de Motu Nui et rapporter le premier œuf du Manutara (oiseau local).

Celui qui le trouvait et le rapportait devenait Tangata Manu ou homme-oiseau, voilà ! Pour ce qui est de la culture locale actuelle, en 4 petits jours j’ai eu l’impression que la vie n’était pas trop désagréable sur Rapa Nui : nature, cultures, peu de voitures, surf et pêche, ainsi qu’un bon sens de la fête : des bars, de la musique, 3 discothèques, et plein d’occasions pour danser, puisque le jour de la célébration de la fête des mères, les mamans vont faire la noce ! Les habitants (3/4 de rapa nui et ¼ de chiliens si mes souvenirs sont bons) sont souriants et « cools », tranquilles. J’ai adoré également le cimetière et l’église où les croyances originales sont mêlées au christianisme, Jesus avec des gravures d’homme-oiseau, etc.

Et comme vous savez que je suis un ventre à pattes, je ne pouvais terminer cet article sur l’ìle de Pâques sans parler de sa gastronomie, car oui, elle est toute petite, mais elle existe !!! Pour la boisson, les Chiliens ont eu la bonne idée de venir avec leur Pisco Sour, niveau solide on trouve également des empanadas, et la spécialité locale est le thon, absolument divin sous toutes ses formes : dans les empanadas, cuit, cru en carpaccio ou en ceviche (pas tres rapa nui tout ça en fait mais délicieux). Personnellement je m’en suis fait une cure, avec thon tous les soirs, notamment des ceviches à tomber par terre (cubes de thon cru mélangés à des mini-cubes de carottes et d’oignon, du jus de citron, de la ciboulette, de la coriandre, un régal !). Et c’est ainsi qu’au bout de 4 petits jours on se dit qu’on aurait du venir 10 ou 15 jours au minimum (surtout hors saison des pluies) pour profiter pleinement de tous ces sites superbes, de balades dans l’île, à pied, à vélo, à cheval, de baignades dans l’océan, de surf,de plongée pour ceux qui plongent (les fonds sont sublimes parait-il), de sirotages de pisco au coucher du soleil, mais j’en ai déjà trop dit, si je continue Rapa Nui sera Ibiza, et ça SURTOUT PAS ! Finalement, tant mieux si les billets d’avion et la vie sur place sont chers, et que ce petit bijou est très très loin, comme ça il reste un peu préservé, mystérieux et magique !


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