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Chili - En direction del Sur...


de Diane, 04-03-2007

J'ai touche le fond de la piscine, dans mon petit pull marine... Naaan, pas le fond, mais ca vole pas haut pour ce 8e anniversaire...


Buenas Tardes a Todos!
De retour dans le froid, taper a l'ordi les mains gelees, ca me rappelle des souvenirs (Mongolie, Tibet)... Et oui, a 1000 km au sud de Santiago, c'est mechamment l'automne, et demain je pars pour le sud-sud du continent ou le froid s'annonce pas triste (ici il doit faire 10-12 degres dehors et 16 sur mon thermometre dans ma chambre)... Je fais un petit retour en arriere de qqs jours pour debuter cet article...

Comment mieux commencer mon artile sur le Chili que lors d'une insomnie (decallage horaire de 8 heures par rapport a la NZ) dans mon premier bus "Cama" (couchette) sour un ciel incroyablement etoile entre Santiago et Puerto Montt? Deja, un bus cama chilien n'a rien a voir avec mon bus-couchette chinois : je ne suis pas allongee a plat sur un pseudo-matelas de 5cm comparable a une planche, mais dans un moelleux et confortable fauteuil inclinable avec banquette pour mes pieds, tout est super clean, fonctionne, les gens sont silencieux, personne ne fume ni ne laisse sonner son portable 52 fois au milieu de la nuit... Et la palta sur le completo (litteralement : l'avocat sur le hot-dog) c'est qu'un "steward" m'a non seulement propose une couverture, mais m'a encore BORDEE, si si, ainsi que tous les autres passagers!

J’ai discute avec mon voisin en entamant la conversation sur la photo de ses ninos sur son ordinateur portable. Mes rudiments d’espagnol (toujours melanges a du francitalien) me permettent d’echanger quelques mots a peine, mais je m’en donne a cœur joie, d’autant plus que depuis 2 jours que je suis arrivee, je n’arrete pas d’avoir des contacts avec des locaux adorables : le 1er jour a Santiago, une femme me propose son aide tandis que je reflechis pour l’achat de mon billet de bus, ensuite dans le barrio (quartier) Paris Londres, a midi, un mec qui m’entend commander mon completo me demande d’où je viens et nous discutons. Et comme je suis assise a la table d’une jeune fille faute de place, je commence aussi a parler avec elle. Ensuite le gars me recroise une heure plus tard dans un parc (ou je suis allongee a plat ventre pour mon dos) et me propose d’aller avec lui boire des bieres a un anniversaire. Ca me tente mais je refuse, trop complique pour moi (dans le sens danger de suivre un inconnu, et/ou pas envie qu’il pense qu’il peut commencer a me draguer etc.). (Je profite de cet exemple pour rouvrir la parenthese sur la difference de voyager en tant qu’homme ou en tant que femme, si j’avais ete un homme je l’aurais peut-etre suivi et connu des Chiliens super, ou peut-etre que si j’avais ete un homme, il ne m’aurait jamais parle au restaurant, allez savoir !!!). Puis un gardien securitas vient m’expliquer que le fruit que je viens de ramasser dans le parc est une « manzana macho », une sorte de version masculine des pommes… Le 2e jour, tandis que j’attends mon tour chez Lan Chile (compagnie aerienne), un vieux commence a me parler et nous discutons 15 minutes ! Pareil avec un serveur a midi qui me donne une table alors que 2 Chiliennes qui sont arrivees apres moi mais qui ne m’ont peut-etre pas vue, insistent pour l’avoir. Le serveur vient me dire que comme j’attendais tranquillement et que je n’ai pas pas gueule, il preferait me la donner a moi, etc etc. En sortant de la cathedrale, tandis que je prends une photo, 2 gars s’arretent pour me conseiller d’etre plus prudente avec mon appareil que je ne tiens que d’une main (d’ailleurs, il y a plein de personnes qui me font sans cesse des remarques pour que je fasse attention a mon sac, etc, je suis encore trop imprudente !), puis nous discutons et ils m’invitent a boire un cafe !

L’un est un pur Chileno d’au moins 70 ans et l’autre un italien de Rome, la quarantaine. Nous allons dans un « cafe macho » (cafe sans tables avec chaises, mais avec des bars ou des tables hautes ou les serveuses sont exclusivement des femmes jeunes et mignonnes, toutes en minijupes sexy, et la clientele majoritairement masculine) et Bernardo, le Chilien, qui porte une magnifique cravate orange sur son complet blanc, assorti d’un chapeau blanc et de lunettes noires, baise la main des serveuses qu’il connaît toutes par leur prenom. Du coup, je passe la fin de l’apres-midi avec Franco, l’Italien, qui tient a m’accompagner dans mes visites : le mercado central, le quartier de Bellavista et la Chascona, une des superbes maison de l’ecrivain Pablo Neruda (pour ceux qui se souviennent du film « il Postino », Philippe Noiret jouait justement Neruda !). Franco m’amuse mais une apres-midi me suffit : en fait c’est un commercant romain qui veut s’installer a Santiago, il est la pour trouver un appartement, il avait une petite amie chilienne mais celle-ci l’a plaque et il en est tjs amoureux… Bref, le gars sympa, sensible et… paume.

Nous degustons une gigantesque glace « allegretto Frutato » (mais qui a dit que les Italiens etaient les rois de la glace ? Elles sont absolument succulentes ici !) et il me raccompagne jusqu'à mon hotel. Une heure d’internet plus tard, je prends mon taxi pour aller au terminal des bus (et oui, la marche et le metro avec mes sacs me sont desormais malheureusement impossibles a cause de mon dos) et j’arrive dans ce merveilleux cocon qu’est mon premier bus cama ! Comme l’ambiance et mon etat d’esprit vont serieusement se degrader des mon arrivee a Puerto Montt, je reste encore un peu (avec cet article) a Santiago.

Le passage de la NZ au Chili s’est donc fait avec plus ou moins de bonheur, joie d’arriver en Amerique Latine, superbes filles dans l’avion, petits plateaux repas dont j’ai ENFIN pu profiter, 3 sieges libres pour dormir allongee (quelle chance !) mais egalement douleur au dos, alimentation compulsive (je suis en « phase » boulimique depuis 2 semaines a ce moment) et chose etrange, je me suis fait devoree dans l’avion par je ne sais quoi (piqures plus violente que celles des moustiques, je penche pour des puces dans les couvertures) et j’ai une bonne quinzaine de boursoufflures que je ne peux m’empecher de gratter jusqu’au sang (au moment ou j’ecris, j’en ai encore les croutes sur ma main gauche !)… Mon hotel (dortoirs a nouveau, direction australienne, je craignais une mini Nouvelle-Zelande) est absolument charmant, vraiment, et je suis surprise de voir autant de voyageurs avec des ordis portables ici en Amerique Latine, et je me rendrai assez rapidement compte que le Chili ne correspond absolument pas a ce que je m’etais imagine, ce n’est pas du tout un pays du « tiers-monde », tout est moderne, developpe, et ressemble enormement a l’Europe (bcp bcp d’immigres allemands et europeens…) !

C’est donc avec bonheur que j’arpente les rues pietonnes ponctuees de terrasses, que je decouvre les fameux « cafes macho », que je deguste mes premiers cortado (cafe au lait), empanada (feuillete qui peut etre a la viande, au fromage, aux fruits de mer), un completo (hot dog avec oignons, tomates, avocat et mayonnaise), que je parcours les differents quartiers : barrio Brasil (ou se trouve mon hotel, la Casa Roja), barrio Civico, Bellavista, Paris Londres, ou se melangent des batiments anciens et modernes. J’apprends egalement qu’il y a une deuxieme edition du journal quotidien, dans l’apres-midi (La Segunda), et je trouve enfin des yoghurts natures, inexistants en NZ (cette remarque est tres con, mais les details sont aussi importants)! Les prix sont entre l’Asie et la NZ, soit moins chers que chez moi mais tout de meme pas si bon marche (un cafe = plus ou moins, selon les endroits, 1 dollars US, un hot-dog = un peu moins d’un dollars, une salade soignee avec jus de fruit sur une terrasse en plein centre ville = 7-8 dollars US, chambre en dortoir a Santiago ou chambre individuelle sans salle de bain ailleurs = 9 a 10 dollars US).

Je remarque egalement, mais c’est difficile a expliquer correctement, un cote « seduction » et « galanterie » partiellement absents en Asie et totalement en NZ, typiquement latin (a mon avis), dans le sens que la plupart des femmes ont une demarche seduisante, des vetements seyants, voire sexy, en gros, meme si toutes les femmes sont loin d’etre toutes plus minces qu’en NZ, elles attachent plus d’importance a leur aspect feminin. Idem pour les hommes qui sont types tres masculins (encore un truc difficile a expliquer : en Asie du sud-est, les hommes sont tres ambigus et feminins, en NZ tres americains-ados attardes) et ici au Chili ce sont des hommes-hommes comme dirait Vero, galants et attentionnes d’un cote, mais machos et un brin mateurs de l’autre… Par la suite je decouvrirais quelques aspects de galanterie perdue chez nous : impossible de descendre d’un bateau ou d’un minibus sans qu’un homme nous tienne par le bras pour nous assurer, impossible de me servir moi-meme mon the si Hector (une connaissance chilienne) est a table, et c’est pareil pour tout (bon, ca depend, on m’a aussi laisse porte mes 3 sacs pour monter 3 escaliers sans meme me proposer d’en prendre au moins un !). Et Silvia, la femme d’Hector, ne se leve pas de table sans dire « permiso », trop chou toutes ces manieres si respectueuses !

Donc voila mes impressions lors de mes 2 premiers jours au Chili. Helas, comme prevu d’apres les signes avant-coureurs de ces dernieres semaines, j’ai replonge dans la deprime : plus gout a rien, pas envie de voir des gens, de parler (et difficulte a le faire si ca arrive), plus envie de fumer ni de boire de cafe (je ne sais pas pourquoi, mais typique quand je ne vais pas bien), pour l’alcool ca fait 3 mois que je n’en ai plus vraiment envie et ma derniere biere remonte a la Birmanie avec Carol, plus envie de prendre des photos, incapacite a aller au restaurant, et comme j’ai toujours bien mal au dos lorsque je marche ou que je m’assieds, qu’il fait maintenant 12 degres dehors et 16 a l’interieur, qu’il pleut, que j’ai a nouveau mes regles (2e fois en 8 mois) et que j’ai enfin une chambre pour moi apres 1 mois de dortoirs non stop, une seule envie : me glisser sous les couvertures, a plat ventre (seule position ou je ne sens pas mon dos), avec un bon livre (merci Steph pour les supers polars !) et une bonne reserve de nourriture que je grignote pendant des heures, seule activite pour laquelle je suis vraiment une championne imbattable. Ce scenario ecule m’est familier, je sais ce qui ne va pas, je sais ce que je dois faire pour en sortir, il me manque juste la force ou le coup de pied au cul pour agir. Et tout d’abord, m’autoriser a craquer : plus de reel repos depuis des mois (me suis-je d’ailleurs arretee et reposee au moins une fois depuis mon depart ? Oui, pendant ma semaine d’ordi et de farniente a Kathmandou, ce qui remonte a debut octobre), plus de grasse matinee (c’est-a-dire me lever apres la fourchette 6-8 heures) depuis novembre au moins, plus d’affection et de contact physique depuis 3 mois, plus de rencontre sympa depuis 3 semaines, plus de sortie le soir au restaurant (a part 3 cinemas) depuis la Birmanie et le depart de Carol (5 semaines) (pis de toute facon le soir, mon dos me force a rester allongee), dos qui me gene, voire me torture par moments, depuis 18 jours… et je sais que j’avais dit que j’arretais de me plaindre, que j’ai une chance inouie de voyager, et bla bla bla. Oui MAIS parfois on en a marre de voyager et tout fait CH…, ben ouais, le mien de voyage commence a vraiment perdre de son sens sans mon cheri, encore plus sur ce continent qu’il aime par-dessus tout. Je commence a etre persuadee que je ne trouverai plus de bonnes raisons de continuer apres son depart fin avril, a moins que mon dos ne me permettent de refaire du velo, des treks, etc. Enfin, on verra bien d’ici la, en ce moment je suis plutot negative, comme vous pouvez aisement le remarquer.

Pour tout arranger, j’ai donc a nouveau eu mes regles, qui ont eu l’excellente idee d’inonder mon pantalon a ma sortie du bus a Puerto Montt (super pratique quand on a un sac de 13 kgs sur le dos, un plus petit de 6 kgs devant, un sac a roulettes, et pas encore d´hotel, et qu’il pleut par-dessus le marche !). Imaginez-moi au milieu de la rue a sortir mon foulard khmer pour le mettre autour de ma taille, discretion assuree ! Je trouve heureusement assez rapidement l’hospedaje que j’avais reperee dans le LP, effectivement magnifique cuisine tout dans les rouges et bordeaux, mais accueil plutot froid, j’ai plus l’impression de deranger que d’etre une cliente (d’ailleurs ils ne trouvent pas ma reservation, super), les chambres ne sont pas encore libres, et moi j’ai un besoin assez urgent d’un toilette et d’une douche !!! Finalement ils me trouvent une chambre a 2 lits que je peux garder et je file me laver, ainsi que mon pantalon ! La chambre est un vrai courant d’air (air qui fait 16 degres) et est decrepie au possible, mais elle donne sur la rue et a un certain charme desuet, avec ses papiers peints tout sales qui se decollent, surtout pour moi qui n’aspire qu’a m’enfermer… au chaud. Ben pour le chaud, c’est pas pour tout de suite, les sandales finissent vite au fond du sac, rebonjour les chaussettes et les baskets ! Pis les gants et le bonnets vont etre achetes au sud, je le sens ! Je file a la cuisine boire un bon the chaud, manger les sandwichs et la compote recus au petit dej dans mon bus « cama » (vraiment trop la classe, ces bus), et 2 Allemands debarquent avec un gros gateau au chocolat et des bougies pour un anniversaire. Ils m’offrent une tranche (miam miam), nous discutons et ils me confient qu’ils quittent l´hospedaje car ils n’en sont pas contents : bruyant, cher pour ce que c’est, et acces libre a la superbe cuisine, mais il est vrai qu’on y a toujours l’impression de deranger les habitants, qui y sont en permanence, et n’hesitent pas a nous bouger s’ils ont besoin de place… Il est vrai que durant les 2 jours que j’y passe, je decouvre un nouveau type de guesthouse : la veritable « pension familiale » ou on est vraiment chez les gens avec lesquels on partage les parties communes (la cuisine en tout cas), ce que je n’ai jamais experimente precedemment. Ce systeme a ses avantages et ses inconvenients, qui dependent bien sur de l’hospitalite variable des proprietaires !

A Puerto Montt, seul avantage : la cuisine est vraiment jolie et on peut assister a la vie et aux repas des gens. La patronne fait une peu « mere maquerelle » : vetements, coiffures et maquillages soignes mais voyants, rondeurs tres confortables, autorite naturelle, son portrait (en jeune ;-))) au crayon tronant dans la cuisine, et un jeune homme a son « service » , sorte d´homme a tout faire (les courses, l’accueil, la cuisine, le service a table, la vaisselle), qui l’appelle « Senora » mais qui mange a table avec elle et la famille.

Apres 2 jours passes a lire, grignoter, dormir (14 heures la premiere nuit !!!) et a me morfondre sous la grisaille, la pluie et le froid, je me dis qu’il faut que je me sorte de la et me force a aller chercher des infos et a reserver des activites : je me decide pour une croisiere hors de prix, mais je me dis que d’etre avec du monde et d’avoir 3 repas prepares par jour ne peut que m’aider, et dans un bateau je n’ai rien d’autre a faire que de reposer mon dos. Puis je m’achete un billet pour les Iles Chiloe dont je suis tout pres, qui sont parait-il magnifiques, mais ou je n’ai pas vraiment envie d’aller, puisque je n’ai rien envie de faire a part lire, manger et dormir… J’hesite presque a prendre mon bus par flemme de me lever, mais une petite voix (un reste de raison) me pousse a me tirer de mon trou si je veux esperer aller mieux. Il n’y a que 2 heures de route, le bus est confortable et nous prenons un ferry pour atteindre la grande ile : dans l’eau, il y a plein d’otaries qui jouent avec les oiseaux, sortent la tete de l’eau pour y replonger, un spectacle vraiment adorable qui me redonne un timide sourire.

Au terminal de bus, on me dit que l’hospedaje que je cherche n’existe plus, ce qui pourrait etre vrai car mon LP a 3 ans, mais on ne me la fait plus, je tente quand meme le coup et arrive dans un endroit extraordinaire : dans une ruelle tranquille (sauf la disco en face le samedi soir) a deux pas du centre-ville, une jolie maison ou l’on peut voir un panneau indiquant hospedaje, mais pas de nom, ni rien sur la porte. J’entre et arrive au milieu d’une sorte de chantier, je crie “ola, ola”, mais personne ne me repond. J’entends pourtant le bruit de la television au fond du couloir et avance jusqu’a la cuisine, qui indique clairement que qqn ne doit pas etre loin. Effectivement, j’entends la chasse d’eau des toilettes et une femme en tablier en sort, toute choue et souriante, je suis bien a l’hospedaje Patricia, et demande a voir la chambre : il s’agit en fair de celle de la fille cadette de la famille (qui est en vacances scolaires) : elle est tout en bois, plafond compris, moquette parterre, 2 lits, une grande fenetre, des rideaux, une TV et un lecteur DVD, des dizaines de peluches accrochees aux murs, des photos d’ecole et de premiere communion, un Christ en croix et plein d’images religieuses. J’en ai presque les larmes aux yeux tant il s’agit EXACTEMENT de l’endroit chaleureux, familial et reconfortant dont j’ai juste besoin actuellement. La chambre est au meme prix qu’a Puerto Mott, mais bcp plus jolie, mieux tenue, et avec le petit dejeuner compris!

Pendant que la gentille dame me met des draps tout frais et propres, je descends dejeuner a la cuisine, ou je rencontre illico un couple de Chilenos en vacances dont l’homme, en vrai “caballero” (galant), ne me laisse pas me servir moi-meme de l’eau chaude, mais insiste pour que je m’asseye afin qu’il puisse me servir mon the! Nous commencons assez vite a discuter et Hector y Silvia me proposent de les accompagner voir les pingouins l’apres-midi meme. L’occasion est trop belle pour la manquer et je la saisis. Je suis toujours dans mon etat triste et fatigue, mais la sortie se deroule bien. Je rencontre un Hollandais qui me dit au bout de 10 minutes qu’on pourrait voyager ensemble, helas je le trouve illico super con, blagues deplacees et stupides dans le bus plus le gars qui sait tout sur tout, fait tjs ce qu’il y a de mieux, a les meilleures combines, super pretentieux car il voyage seul pendant 10 mois alors que ca fait 2 semaines qu’il a commence… Il parle deja d’essayer de trouver une place pour faire la croisiere avec moi, j’espere que je ne vais pas le trouver demain sur le bateau!!! Le soir, il me propose d’aller diner, mais entre un resto avec qqn qui ne m’interesse pas et un bon bouquin-lit-grignotage, je n’hesite pas une seconde malgre le vice…

Hector et Silvia me proposent une visite organisee pour le lendemain avec degustation du “Curanto”, plat typique chilote (de Chiloe) et a nouveau je saute sur l’occasion sans meme savoir ce que l’on va visiter, je me dis que l’essentiel pour moi est de me bouger et de voir du monde. S’ensuit une superbe et longue (14 heures) journee avec un groupe compose de 8 touristes Chiliens, 3 Argentins… et moi. Autant dire que l’ambiance et le guide sont locaux, tout est en espagnol et j’essaie tant bien que mal de comprendre ce qui se passe, avec l’aide de mes nouveaux copains Chiliens. Il fair super beau (chance inouie sur ces Iles ou il pleut tout le temps) et je decouvre une ile magnifique, collines boisees et verdoyantes, mer d’un bleu profond, maisons et bateaux typiques en bois peint de plein de couleurs, avec les Andes enneigees dans le fond! Les Chiliens et Argentins qui m’accompagnent sont gais et bon public, ils participent aux jeux du guide qui n’arrete pas de parler dans son micro, moi je finis par decrocher et m’endormir…

Puis c’est l’heure du “Curanto”: plat consistant en un melange de, tenez-vous bien, moules geantes, coquillages, poulet, lard, saucisses, patates et galettes de ? cuits ensemble 30 minutes sur des pierres brulantes, le tout recouvert de feuilles geantes (panga) poussant dans la region. Le tout se deguste accompagne d’une sorte de hachi de tomates et d’oignons dont je ne me souviens plus le nom, y de vino tinto y blanco, claro! (Nom d’un Jesús encadre, j’ai beau ecrire dans mon lit, recouverte du couvre-lit, j’ai les pieds geles… Savez vous ce qui est super bizarre dans une chambre ou il y a un christ en croix et 1,2,3,4,5…6 (!) images de Jesús ou de la Vierge ? Ben c’est de se deshabiller et de se retrouver toute nue devant tous ces Jesús qui me regardent, es la verdad!)

Bref, le repas est bourratif mais delicieux, les moules sont les plus grosses que je n’ai jamais vues et leur chair se rapproche d’ailleurs plus de celle du poulet que de celle d’un mollusque. Mes deux premiers verres de vin depuis l’Inde en novembre me montent vite a la tete, et je m’endors encore dans un champ puis sur le bateau (quand je suis en phase de boulimie-deprime, je dors toujours tout le temps et partout). Puis nous reprenons le bus et apres qqs gorgees de fanta et une cigarette (la 2e de la journee, je vais mieux!), je commence a me sentir nauseeuse. Je me dis que c’est le bateau, le bus, un petit coup de soleil, le repas un peu trop lourd, mais ca ne passe pas. Nous avons encore une heure de route jusqu’a Castro, d’ou Silvia, Hector et moi devons encore prendre un autre bus d’une heure trente jusqu’a Ancud, ou nous logeons… Les Chiliens et les Argentins chantent a tue-tete des chansons locales dans le bus, et moi j'essaie de maitriser les vagues dans mon estomac...

20h23, j’achete mon billet de bus qui part a 20h30, et a 20h24, je me refais un Curanto a l’envers dans les toilettes du Terminal. Heureusement, le plat chilote est aussi facile a manger qu’a vomir, et mon estomac expulse avec moultes spasmes un vomi tout rouge a cause du vino tinto (pardonnez-moi ames sensibles, mais ca m’amuse de decrire mon vomi et en plus ca fait tellement du bien de rendre quand on a des nausees! Et dire que j’ecris ca alors que dans 2 heures je monte sur un bateau qui va se balader 3 jours et 3 nuits en mer, aie aie aie). Toute videe et recinquee (je sais tjs pas comment s’ecrit ce mot), j’arrive au bus a 20h30 precises et explique a mes amis que le Curanto est tout ressorti. Helas, au bout d’une demi-heure de bus, les nausees recommencent. Zut, une moule a du rester coincee au fond! Je me concentre sur la route, puis essaie de somnoler, et cela marche, je descends du bus presque bien. Mais le temps de traverser le petit hall, nouvelle alerte, et plutot urgente celle-ci, j’ai juste le temps de dire a Hector et Silvia “Creo que necessito un momento” avant de me ruer entre deux voitures pour vomir le reste du Curanto, dont qqs eclaboussures finissent bien sur sur mon pantalon presque propre. Ahhh, je vous jure! Puis nous prenons le collectivo (taxi collectif) qui nous amene au centre, et je finis cette bonne journee avec mon super livre (encore un super polar de Steph), un the et 2 morceaux de pain piques au petit-dejeuner (et non, je ne change desesperement pas).

Et le lendemain, je me reveille vers 11 heures l’estomac pas debordant pour une fois, reposee, de bonne humear, bien disposee. Apres une bonne douche chaude, je descends pour le petit dejeuner pendant lequel je discute avec la fille de la famille et travaille mon espagnol (pendant qu’a la tele passe un film super ringard et drole des annees 70!). C’est une famille avec 3 filles et je dors en fait dans la chambre de la cadette, qui est en vacances avec sa mere (les 2 mois de vacances scolaires se terminent demain). La fille ainee qui est presente est adorable, elle me demande de laisser ma vaisselle, et lorsque son pere revient de son travail de bricolage a l’exterieur (c’est dimanche), c’est elle qui lui enleve ses chaussures. La scene est tres touchante car il est evident qu’elle ne le fait pas par obligation mais par attention, j’en suis toute bouleversee…

Et voila, maintenant j'attends mon bateau et mon moral est a nouveau tres mezzo. Il faut dire que je n'ai pas pu m'empecher de finir mon livre de 750 pages hier soir et que j'ai lu (et pas mal mange aussi...) de 18 heures a 3 heures du matin. Alors au reveil a 6h30, j'etais pas super fraiche. Mais bon, ce qu'il y a de bien avec internet et skype, c'est que je viens de telephoner une demi-heure a Stephane et ca, c'est vraiment de l'or! Bon, a tout bientot, pas de nouvelles depuis le bateau!

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