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Cambodge - Phnom Penh, quartier de Lakeside...


de Diane, 06-01-2007

Petits desagrements mais rien de grave...


23 heures 30. A peine reveille(e) de votre petit somme, après 16 heures de voyage, lorsque le minibus vous depose devant une guesthouse ou un gars parlant anglais vous propose une chambre a 3 dollars avec salle de bain et que dans votre tete il y a justement l’image d’un lit et d’une douche, vous n’hesitez pas 2 minutes. C’est progressivement, au cours des 2 jours et 3 nuits que vous passez au Lakeside, que vous decouvrez les bonnes et mauvaises surprises de votre decision…

Apres un long couloir carrele, 3 raides escaliers de beton et 1 escalier-echelle en bois, vous vous retrouvez sur les toits, avec une superbe vue sur le petit lac, les bars et la musique des guesthouses au bord de l’eau. Puis au bout d’un autre couloir carrele qui craque sous les pas, une petite chambre-cellule en contre-plaque, porte en plastique, fenetre sans moustiquaire, ventilo et salle de bain OK. Il fait chaud, tres chaud, la chambre est sous le toit de tole ondulee, mais il n’y en a pas d’autre. Le gars me dit que je peux fumer tranquille (marijuana), ca me fait une belle jambe ! (avez vous remarque le subtil changement de sujet grammatical? Apres Duras je me prends pour Butor...) Je me dis que a cette hauteur, les habitués des lacs, mes amis les moustiques, sont trop fainéants pour monter jusque la. Je me couche fenetre ouverte, ventilo a fond et ne tarde pas a m’endormir, encore toute baignee de sueur. Las! Mes amis n’ont pas perdu ma trace et sont rapidement venus interrompre mes reves. Je sors mon repellant et m’en asperge abondamment, mais les vicieux ailes sont tenaces.

BREF, il ne me reste plus qu’a compter mes enormes piqures, mais le petit-dejeuner sur la terrasse au bord du lac compense cette mauvaise nuit.

Premiers pas dans la rue a touristes, je retrouve la “douce” melopee des chauffeurs de tuk-tuk ou moto-taxi oubliee au Laos… Mais bon, tout de meme, rien a voir avec l’Inde qui tient je pense definitivement la tete du hit-parade. A mon retour le soir, ce n’est pas seulement des tuk-tuks qu’on me propose, mais de l’herbe. D’ailleurs, les restos et bars l’affichent clairement : happy pizza et autres au Flying Elephant ou a la Floating Sponge… Beni, mon pote catalan, s’est meme entendu proposer une fille, et c’est vrai que les mecs scotches autour de la TV ou de la table de billard de ma guesthouse ressemblent plus a des dealers et a des macs qu’a des receptionnistes. Comme je ne reste que 2 jours a Phnom Penh, je ne m’en formalise pas. Mais après une deuxieme nuit de chaleur suffocante, 3 piqures sur le front et 1 bien gonfflee sous l’oeil gauche qui me font une tete magnifique, je decide de me payer la clim et casse ma tirelire pour 8 precieux dollars. La nouvelle chambre est quasiment aussi simple que la precedente, a part un moustiquaire, une jolie vue et ma chere clim. Le linge de toilette est encore humide du client precedent et il n’y a pas de draps. A ce prix, je fais ma chieuse, mais le Cambodge reste le Cambodge. Apres 10 minutes, on me dit que j’aurai le tout ce soir. La telecommande de la clim ne fonctionne pas et j’attends encore, assistant a tout un traffic de telecommandes. Ca y est, la clim en route, mes affaires demenagees (autre hotel), je peux enfin partir en visite.

A mon retour, je demande mon linge et mes draps, la fille joue au billard, l’autre traine derriere le comptoir, et me dis “dans une heure”. Je refais ma chieuse (quoiqu’en fait ma demande est legitime, mais je prends mon fameux ton de chieuse) : c’est maintenant que je veux prendre ma douche, pas dans une heure. J’attends encore qqs minutes qu’on m’apporte un linge, aussi humide que celui du matin, apparemment deja utilise (pas humidite de lessive mais humidite de sechage de corps, si vous voyez ce que je veux dire…). BON, comprenant que je n’obtiendrai pas mieux, je me resigne. Pour le drap,je dois encore attendre… Dans la chambre, la clim a du s’eteindre, il fait juste 35 degres… J’essaie vainement de la remettre en marche, puis appelle la fille. Reattente, retraffic de telecommandes, avant une legere mais fraiche brise artificielle. Je me dis que le temps que je me douche et que je me pose un peu, la temperature sera agreeable. Au bout d’une heure, a poil sur le lit, toujours en sueur, je consulte mon thermometre : 32 degres. La je finis de chauffer au sens propre et commence a serieusement chauffer au sens figure. Je m’habille et descends a la recherche d’une autre guesthouse. La fille m’arrete et vient encore tripatouiller la clim, j’attends ENCORE, puis perds patience. Las et relas! Le seul hotel du quartier qui semble avoir des clim en etat de marche est maintenant complet! Furieuse, je rebrousse chemin et annonce que je refuse de payer plus de 3 dollars pour cette clim qui ne fonctionne pas. Je deconseille en passant aux nouveaux clients presents de payer pour la clim. La fille remonte avec moi, et miracle, la chambre est un peu plus fraiche! Ouf. Il ne me reste plus qu’a redemander et a reattendre mes draps…

Mais je ne suis pas a la fin de mes mesaventures… Ma chambre est la premiere a cote de la terrasse, c’est “cool” car comme ca je profite de la musique a fond, des voix, des rires, des pas de tous ceux qui passent devant ma porte. Pis ce qui est aussi super chouette, c’est que je peux m’amuser a essayer de deviner le poids des bruyants clients de la guesthouse, puisqu’a chaque pas qu’ils font, le plancher de bois tremble et fait vibrer mon lit. La premiere fois, mon vieux reflexe fut de croire que c’etait Sarah, ma defunte chatte, qui montait lourdement sur le lit! Et j’oubliais : la chasse d’eau fuit, ne se remplit donc pas, ce qui fait que j’ai le bruit de la riviere mais sans la chute d’eau, si vous voyez ce que je veux dire! Bon, je ne peux pas dormir, mais au moins il fait frais.

Reveillee a 6h30 (donc j’ai un peu dormi quand meme ;-)) par les employes qui galopent dans le couloir et font trembler mon lit, je me dis qu’une douche chaude dans une chambre fraiche sera le comble du luxe (dans un pays ou il fait 35 degres minimum, la plupart des guesthouses ne proposent pas d’eau chaude et elle n’est vraiment pas indispensable). Contemplant mes cernes de plus en plus noires, je tourne le robinet de la douche et après 3 petites gouttes miserables, rien : pas d’eau chaude, mais pas d’eau froide non plus. J’essaie a nouveau de tourner le robinet, tripote tous les boutons du chauffe eau et des conduites d’eau, en vain. Bon, je ne suis plus a ca pres. Je m’emballe dans la serviette de bain et sors. Je tombe poitrine a nez sur une gamine qui vient m’aider. Evidemment, la douche fonctionne parfaitement des qu’elle la touche. Evidemment.

Une delicieuse odeur de pain grille vient me chatouiller les narines et je m’installe sur la terrasse, salivant a l’idee d'une bonne baguette avec du beurre. Mais moi, quand j’ai du debol, je l’ai vraiment, jusque dans les petits details (d’ailleurs au moment ou j’ecrivais ces lignes je ne savais pas que cela allait continuer ainsi une bonne partie de la journee). Le serveur revient après qqs minutes : ils n’ont plus de beurre. Evidemment. Bon, ce sera donc confiture, pas grave. Mais du coup, le temps passe et il me reste a peine qqs minutes avant mon bus qui passe directement devant la guesthouse, a 7 heures 45. J’arrive a 7h45 exactement, salue le mec qui m’a vendu le billet de bus, il me propose de m’assoir. Apres 5 minutes d’attente, je lui demande s’il pense que j’ai le temps pour un café ou si le bus arrive incessamment. C’est la qu’il me demande mon horaire, me disant que le bus est deja passé, que j’etais en retard (!) et qu’il m’inscrit pour le bus suivant… Je lui dis plus ou moins calmement que c’est hors de question, que j’etais a l’heure et qu’il se demerde pour me faire prendre ce foutu bus. Il m’amene donc aupres d’une moto-taxi (cool avec mes 3 sacs sur la moto!) et a encore le culot de me dire que je dois payer le chauffeur!!! Je lui eclate de rire au nez et il se rend compte lui-meme qu’il est alle un peu trop loin…

Arrivee au bus, je ne vois pas de siege libre et m’aprete a m’enerver encore un peu. Finalement, il reste 2 sieges et j’herite de l’un d’eux, d’ou j’ecris ces lignes pendant que mes 2 voisines adolescents hurlent toutes les 2 secondes d’un rire hysterique devant le film qui passe sur la minuscule TV.

Autres petites surprises du quartier de Lakeside : on me charge 0,5 dollars en plus pour le casque permettant d’appeler avec Skype (1ere fois en 6 mois de voyage!!!); arrête au milieu de la route, le tuk-tuk qui nous emmene, Beni et moi, nous demande 1 dollars de plus apres notre negociation a 6 dollars qui avait deja dure 10 minutes, et pour terminer, ma guesthouse a fait de la retention de lessive tant que je n’avais pas achete mon billet de bus chez eux. En conclusion, n’hesitez pas a aller a Pnom Penh, mais evitez le quartier de Lakeside!

Accalmie de 6 heures (trajet du bus) pendant lesquelles j’ai meme la chance de trouver les fameuses araignees grillees dont raffolent certains cambodgiens. Elles sont enormes et poilues (genre tarentules) et je me dis que c’est une occasion unique… deja que j’ai rate les scorpions en Chine et n’ai vu aucune sauterelle… Bon, ca s’annonce pas facile : je n’ose meme pas prendre l’araignee par une patte pour la mettre dans le sachet en plastique, les vendeuses sont mortes de rire… Il me faut ensuite bien qqs minutes avant d’oser la regarder de pres. Je suis vraiment degoutee (j’ai HORREUR des araignees), mais j’ai envie de faire cette experience (histoire de pouvoir dire : “une fois dans ma vie, j’ai MANGE une araignee!”). En fait elles se mangent comme les crabes : il faut arracher les pattes et “sucer” la chair. Pas evident, surtout que je n’ose toujours pas la toucher. Je casse donc la patte a travers le sachet, de la chair beige apparait et, surmontant mon gout, j’en goute un minuscule morceau. Ce n’est pas mauvais mais je n’aime pas le gout que ca me laisse dans la bouche. Je regoute un autre morceau mais m’arrete la, mon courage ne va pas plus loin… Suis deja fiere de moi!

Arrivee a Siem Reap, l’etape obligatoire pour visiter le fantastique site des temples d’Angkor. Des ma descente du bus, je suis litteralement agressee par les chauffeurs de tuk-tuk et les rabatteurs d’hotel qui me sautent dessus. Je ne m’y attendais pas et suis obligee de m’enfuir ridiculement pour retrouver mes esprits… L’un d’eux a un panneau avec le nom de la guesthouse qui m’interesse (free pick-up), donc je pars avec lui, bien que d’autres gars disent qu’elle est complete, comme d’hab. Apres 500 metres, le chauffeur s’arrete soi-disant pour faire le plein d’essence… La il me dit que la guesthouse est effectivement complete et qu’il m’emmene dans une autre… Il me demande egalement si j’ai deja un chauffeur pour visiter Angkor. Je mens et lui dis que j’ai deja une visite organisee pre-payee, et que pour la guesthouse il n’a qu’a m’y emmener et je chercherai moi-meme autre chose. Ce con me fait alors comprendre qu’il n’a plus aucun interet a me transporter et que je peux descendre de son tuk-tuk. Moi je m’en fiche, sur la carte le bled a l’air minuscule et ca ne me derange pas de marcher, je prefere ca a leurs combines de commissions payees par les guesthouses, systeme que je desapprouve. Je commence donc a marcher, et après 15 minutes (il fait plus de 30 degres), je suis trempee, mon dos commence a tirer. Des chauffeurs s’arretent et me demandent 2 dollars pour aller en ville, ce qui est exhorbitant par rapport a Phnom Penh! Tetue comme une mule, refusant de me faire “arnaquer”, je finis par marcher au moins une demi-heure. Jen e sais toujours pas ou je suis mais je croise enfin un couple occidental. Je leur demande de m’indiquer ma position sur ma carte, et ils me proposent alors de m’emmener dans leur guesthouse qu’ils trouvent vraiment bien… J’arrive devant une jolie villa et le proprio, un autrichien, est vraiment canon (desolee Stephane, mais je n’ai fait que regarder, et encore, a peine…). Il me propose d’attendre 10 minutes, le temps de voir si les clients qui ont reserve ont confirme ou non, puis revient et me propose une chamber a 2 lits qu’il me fait au prix d’une single… trop gentil! La chamber est magnifique, moderne, proper, je suis enchantee. C’est alors que je me penche vers mon gros sac a dos pour l’ouvrir… Ca pue. La chamber? Non, elle a l’air nickel. Je reprends la housse de mon sac et mets le nez dessus : ce n’est pas la sauce de poisson cette fois, non, c’est juste… le poisson. Ce coup-ci, c’est le dessus du sac qui a pris (evidemment, j’avais bien fait attention a la facon don’t ils l’ont mis dans la soute), a travers la housse de protection. Bizarrement je ne m’enerve meme pas, ca me fait plutot rire, je me demande quel “probleme” va encore m’arriver d’ici la fin de la journee… Mais depuis cette super guesthouse et malgre l’odeur de poisson de mon sac, que j’ai la flemme de relessiver vu le resultat, pour l’instant tout va bien, hormis le paragraphe de cet article perdu… Je me tiens les pouces…

Si il vous arrive egalement d’avoir autant de malchance en si peu de temps, s’il vous plait faites le moi savoir, ca me rassurerait ;-)))




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