
7h45 chez Pamela Tours à San Pedro, je fais la connaissance des 6 personnes qui vont faire cette populaire route avec moi, ainsi que de Ruben, notre chauffeur bolivien. Nous montons dans un minibus chilien qui nous amène jusqu’à la frontière, mais avant d’y arriver nous avons déjà un petit pépin à l’immigration : 4 Italiens ont laissé leur document d’entrée/sortie du Chili dans leurs bagages à leur hôtel (car eux reviennent à San Pedro). Nous poireautons donc une demi-heure dans le matin glacé (si si) et faisons connaissance : Miguel (24 ans) est chilien, Eamonn (34 ans) est américain, Sarah et Caroline (27 et 20 ans je crois) sont deux sœurs hollandaises, Solenn et Anthony (27 et 30 ans je crois) sont français (également en tour du monde et sur top-depart). Eamonn, qui a l’air très très cooool en t-shirt manches longues et blazer de velours côtelé alors que nous sommes tous en anoraks, gants et bonnets, me confie qu’il craint un peu l’altitude (nous passons en moins de 2 heures de 2500 à 4500 mètres) et qu’il a pris un médic dont je ne me souviens plus du nom… Je lui conseille de boire beaucoup d’eau. Les Italiens reviennent, le chauffeur est furax, nous passons l’immigration et franchissons la frontière : changement de véhicule (jeep), de chauffeur (bolivien), d’altitude (plus de 4000 m), de visages et de styles vestimentaires : aucun doute, nous sommes bien en Bolivie et non plus au Chili… 
Un super petit-dej nous accueille et niveau bouffe, je suis déjà rassurée par l’agence choisie (oui, je sais, je deviens vieille et pénible). Eamonn l’américain est toujours tête nue (il est rouquin), sans écharpe ni gants, et de plus en plus blanc, il souffre apparemment des premiers symptômes du mal d’altitude : nausées, etc. Nous prenons la route pour des bains thermaux et pendant que Miguel fait trempette (le seul courageux), Eamonn pose des galettes aux toilettes en divaguant, il est visiblement de plus en plus mal mais refuse de faire marche arrière. 
Nous restons une petite heure sur le lieu, qui est à 4500 mètres d’altitude, notre chauffeur trafique le moteur de la jeep, puis nous repartons en direction des geysers, Eamonn pense qu’il va un peu mieux. 
Mais il perd rapidement connaissance dans la voiture et le chauffeur est super inquiet. Il nous propose d’aller à un poste sanitaire dans une mine privée après les geysers et nous insistons pour y aller le plus rapidement possible : Eamonn a repris connaissance mais nous dit qu’il ne voit plus… Et lui veut continuer la route !!! En fait toute la jeep en veut à Eamonn car il nous semble très « light » sur les précautions à prendre en altitude : pas de chapeau, de lunettes de soleil, de vêtements appropriés, il ne boit quasiment pas d’eau, etc. Après une rapide visite des geysers (bcp plus actifs que ceux du Tatio, ceux-là font un bruit d’enfer !) nous filons vers les bâtiments de la mine privée, situés en plein désert, et atterrissons dans la « cafeteria » où Eamonn reçoit tout de suite une infusion de feuilles de coca. Mais le médecin n’est pas là et nous l’attendons 3 heures, en explorant un peu les lieux… 
Ci-dessus, Miguel devant les bâtiments communautaires de la mine. Ci-dessous, la "cafet", les couloirs, et un des WC (le pire; ils n'étaient pas tous comme cela!) 


Eamonn reprend peu à peu des couleurs et des forces (on lui a caché l'existence des toilettes ci-dessus... nan nan nan, pas bon quand on a des nausées, et même quand on n'en a pas, n'est-ce pas?). Puis une ambulance et le médecin arrivent, mais avec une personne en très mauvais état (coma entend-on) et ne peut nous recevoir. Au bout d’encore 1h30 d’attente, notre chauffeur décide de partir : Eamonn va beaucoup mieux et Ruben veut arriver à destination avant la nuit. Nous sommes vraiment soulagés de l’état d’Eamonn mais super remontés contre lui à cause de ces 4h30 d’attente pour rien, et surtout parce que avons raté la « Laguna Colorada », qui est une lagune célèbre dans le coin pour sa magnifique couleur rouge vif, rouge qu’on ne peut voir qu’à certaines heures de la journée, trop tard pour nous… Mais finalement je suis personnellement enchantée : non seulement nous avons pu découvrir un peu des locaux et de la vie des mineurs, mais en plus nous arrivons à la lagune en plein coucher de soleil, l’eau n’est pas rouge mais tout est merveilleusement rose, c’est superbe ! 
Comme nous avons raté le déjeuner du midi, malgré des biscuits grignotés à la mine, nous sommes affamés à 19h00 et dévorons tout ce qu’il y a sur la table qui nous attend (en fait le déjeuner plus le dîner). Il fait déjà très froid (10 degrés dans la pièce où nous mangeons) et nous nous apprêtons à passer la nuit en-dessous de zéro… Bien sûr il n’y a pas d’eau chaude et pas de douche. Petite anecdote que j’ai omise : j’ai eu mes règles le matin même, après avoir pris une petite aspirine la veille ainsi que le matin à cause d’un début de rhume. Donc c’est le gros déluge, et bien sûr plus de tampons puisque je suis à la fin de mon voyage et pensais éviter encore une fois cet inconvénient féminin… Je me fais donc des couches de papier de toilette mais ce n’est pas le top, je me tache et donnerai un peu près n’importe quoi pour me laver et me changer… Va falloir attendre le lendemain soir, super. 
Nous nous emballons pour une nuit glaciale (ci-dessus Sarah et Caroline) mais finalement mon petit thermomètre ne descend pas en-dessous de 5 dans la chambre. C’est plutôt la jeep qui souffre en dessous de zéro à l’extérieur, et notre chauffeur se lève 2 fois pendant la nuit afin de faire tourner le moteur. De bonnes pancakes (crêpes) avec du dulce de leche (tiens, ici aussi !) nous attendent pour le petit-dej., ainsi que de placides moutons qui semblent insensibles au froid… 
Eamonn est totalement remis et nous repartons admirer des lagunes et des flamants… On peut vraiment les approcher de près, c’est fantastique, et j’ai droit à cette photo non-désirée mais finalement assez unique, du moins je le suppose… 

Comme tout se passe bien, nous commençons à nous ennuyer (c’est une blague, l’itinéraire de ces 3 jours nous fait passer dans des paysages variés tous plus beaux les uns que les autres) et un petit pneu crevé vient mettre un peu d’animation… Notre chauffeur et Anthony se collent à la tâche pendant que les autres font… pas grand-chose (en bonnes gonzesses nous rigolons car nous avons les mêmes vestes!). 

Là ça devient un peu plus excitant car la piste est en très mauvais état et nous n’avons plus de roue de secours… Pendant le pique-nique de midi, nous voyons d’autres chauffeurs réparer leurs roues, mais le nôtre prépare à manger avec nous… Et ce qui devait arriver arriva, pfffff fait le pneu en se dégonflant, bingo ! Heureusement une autre jeep arrive peu de temps après et nous donne sa roue de secours (contre un bidon d’essence, ehhhh oui, business is business). Les 2 chauffeurs et Anthony s’y recollent, et nous finissons par nous arrêter dans un bled quasi-désert pour réparer notre roue de secours. 

Le soir, nous arrivons dans un hôtel de sel (entièrement fait en sel, sauf les sanitaires), je peux enfin me doucher (en plus y a même de l’eau chaude), et après une très sympathique soirée, nous allons vite nous coucher car le départ le lendemain est à 5h00, afin de voir le lever du soleil sur le Salar d’Uyuni… 
Difficile de décrire toute la beauté de ce Salar, le plus grand du monde… C’est une vaste étendue de blancheur immaculée (j’ai vraiment l’impression d’être sur de la neige) avec un relief qui dessine des formes régulières. Le spectacle se déroule tout au long du jour, car la lumière colore le sel, jette des ombres délicates derrière les petits reliefs… C’est simplement sublime. 
Il y a des « îles » au milieu du Salar, et nous nous arrêtons à la Isla de los Pescadores, qui est couverte de cardons (cactus) vraiment spectaculaires dans ce décor « neigeux ». 

Il fait très froid, proche de zéro, mais nous déjeunons tout de même au soleil, avant 3 heures de séance photos délires… Je ne m’étais pas amusée à ce point depuis très longtemps, vraiment génial ! 

Puis nous continuons la traversée du Salar… Plus de pneus crevés, mais la jeep ne démarre plus et nous devons la pousser à chaque fois. 
Nous arrivons finalement à Uyuni, dont les rues désertes balayées par le vent et la poussière nous surprennent… Mais où sont donc les gens ??? 
En fait nous étions un peu à l’écart du centre, pour manger notre dernier déjeuner compris dans l’excursion (du lama, enfin !). 
Puis nous allons voir le cimetière des trains, où je ne rate pas l'occasion de laisser un petit souvenir, avant de nous disperser dans différents hôtels : nous nous retrouvons tous le soir pour une pizza et tentons de nous réchauffer tant bien que mal ; il fait vraiment glacial dans ce bled ! Mais que les Boliviens sont beaux! J'ai passé l'après-midi à prendre des photos... 

Je pars le lendemain avec Miguel pour Potosi, où nous retrouverons également Sarah et Caroline…
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